La Scientologie fait face à son premier procès en Belgique

Le premier procès belge visant l'Eglise de scientologie s'est ouvert ce lundi à Bruxelles. Les scientologues belges sont accusés par le parquet fédéral d'avoir mis sur pied une "organisation criminelle", de "fraude", de "pratique illégale de la médecine", de "violation de la vie privée" et d'"extorsion".
26 oct. 2015, 14:31
/ Màj. le 27 oct. 2015 à 09:31
Il s'agit du premier procès visant l'Eglise de scientologie en Belgique.

Le premier procès en Belgique visant l'Eglise de scientologie s'est ouvert lundi matin au tribunal correctionnel de Bruxelles, près de 20 ans après les premières plaintes pour fraude et extorsions. Les prévenus dénoncent un "acharnement judiciaire" du parquet.

Le procès a débuté devant une salle comble, selon des images des télévisions belges, par l'interrogatoire d'une ancienne trésorière. Elle était sommée d'expliquer d'où l'Eglise de scientologie tirait ses revenus, s'élevant selon elle à 5000 euros par semaine.

La trésorière travaillait bénévolement pour l'Eglise de scientologie. En tant que "permanente", elle a pu cesser de payer pour les formations de l'Eglise, mais son mari a investi à l'époque 400'000 francs belges, soit près de 10'000 euros.

"Je n'ai pas signé de contrat de travail mais une déclaration d'adhésion. Je faisais quasi un temps plein et j'avais d'autres petits boulots à côté pour subvenir à mes besoins", s'est-elle défendue, selon l'agence de presse Belga.

Deux associations et onze de leurs dirigeants figurent parmi les prévenus. Il s'agit de la branche belge de l'Eglise de scientologie et du Bureau européen pour les droits de l'homme, une émanation à Bruxelles du siège américain de l'Eglise de scientologie.

Menacée d'interdiction

Les scientologues belges sont accusés par le parquet fédéral d'avoir mis sur pied une "organisation criminelle", de "fraude", de "pratique illégale de la médecine", de "violation de la vie privée" et d'"extorsion". En principe, une organisation qualifiée de criminelle par la justice est susceptible d'être interdite.

"Non seulement l'Eglise conteste les charges qui lui sont reprochées et qui touchent tous les scientologues dans leurs droits fondamentaux, mais elle entend dénoncer les graves abus qui ont émaillé ces 18 années d'acharnement judiciaire", ont indiqué vendredi les scientologues belges dans un communiqué.