La Suisse endosse un rôle prestigieux dans le domaine spatial

Lors de la réunion ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui se déroule mardi et mercredi à Naples (I), la Suisse endossera, avec le Luxembourg, la co-présidence de cette organisation. C'est l'occasion de montrer ses compétences au niveau international en matière de technologie spatiale.
06 août 2015, 15:09
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Lors de la réunion ministérielle de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui se déroule mardi et mercredi à Naples, la Suisse endossera, avec le Luxembourg, la co-présidence de cette organisation. C'est l'occasion de montrer ses compétences au niveau international en matière de technologie spatiale.

Durant cette réunion, il en va ni plus ni moins de l'avenir de la recherche spatiale en Europe. Les ministres des 20 Etats membres décideront en effet comment les programmes de l'ESA seront menés et financés à long terme malgré la situation économique difficile.
 
Ils porteront aussi la Suisse et le Luxembourg à la co-présidence du Conseil de l'ESA, ce pour les trois à quatre années à venir. La Suisse, qui fait partie des membres fondateurs de l'organisation, occupera pour la première fois ce poste.
 
Pour la Suisse, il s'agit d'"une grande chance", a dit Kamlesh Brocard, porte-parole du domaine spatial au Secrétariat d'Etat à l'éducation et à la recherche (SER), interrogée par l'ats. "Elle peut ainsi montrer à l'étranger ses compétences en matière technologique".
 
Un certain nombre d'appareils de haute technologie embarqués à bord des fusées et des satellites de l'ESA sont "made in Switzerland". Parmi ceux-ci figurent par exemple les montres atomiques extrêmement précises des satellites pour le système de navigation Galileo ou des éléments de revêtement de la fusée Ariane. "La présidence nous aide à montrer ce que nous savons faire", souligne Mme Brocard.
 
Membre à part entière
 
La Suisse espère aussi que cette co-présidence donne un signal à l'Union européenne (UE): des discussions sont régulièrement menées sur le rapport entre l'ESA et l'UE, par exemple sur une possible intégration des autorités spatiales dans l'UE, explique Mme Brocard. La présence d'un Etat non membre de l'UE à la co-présidence de l'ESA souligne l'égalité des droits absolue de ces Etats non membres de l'UE.
 
La situation financière se trouve aussi dans une phase délicate: en 2014 entrera en vigueur le nouveau plan financier de sept ans de l'UE. Il prévoit entre autres presque 8 milliards d'euros pour l'achèvement du système de navigation Galileo ainsi que des fonds pour le reste de la recherche spatiale.
 
Dans ce contexte, la Suisse peut faire valoir ses points forts, estime Kamlesh Brocard. En tant que présidente, elle peut assurer la stabilité et la progression du programme de l'ESA dans des Etats qui n'ont pas tous les mêmes intérêts. Des "vertus suisses" comme la neutralité et la maîtrise de la médiation pourraient ici préparer le terrain.
 
L'utilité de la recherche spatiale
 
Le SER espère aussi de cette co-présidence prestigieuse un effet positif à l'interne, sous la forme d'un soutien et d'un encouragement aux chercheurs, à la relève et à l'industrie de la haute technologie.
 
En fin de compte, la population voit aussi l'utilité directe de la technologie spatiale, que ce soit pour la navigation, la réception par les téléphones portables ou les prévisions météorologiques.
 
La Suisse ne contribue ainsi qu'à hauteur de 3% aux coûts du système de satellite météorologique Meteosat, mais profite du 100% de ses données et de ses programmes.