La tuerie d'Utoeya était le plan B de Breivik

L'extrémiste de droite norvégien Anders Behring Breivik a perpétré la tuerie d'Utoeya le 22 juillet parce que sa bombe n'avait pas suffi à démolir la tour abritant le bureau du Premier ministre à Oslo. C'est ce qu'a affirmé son avocat Geir Lippestad, cité aujourd'hui par un journal norvégien.
03 août 2015, 19:23
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'extrêmiste de droite Breivik a perpetré la tuerie sur l'île d'Utoeya, car sa bombe n'a pas eu les effets escomptés.

«C'est certainement le résultat de l'explosion, qui a fait qu'il s'est décidé à se rendre à Utoeya», où des centaines d'adolescents  étaient réunis pour un camp d'été de la jeunesse travailliste, a déclaré M. Lippestad au tabloïde «Verdens Gang» (VG).

Le 22 juillet, Anders Behring Breivik, ennemi autoproclamé du multiculturalisme et de l'«invasion musulmane» en Europe, avait d'abord fait exploser une bombe au pied du bureau du Premier ministre travailliste Jens Stoltenberg. Cet attentat avait fait huit morts.

Puis il s'était rendu à Utoeya, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest d'Oslo. Déguisé en policier, il y avait ouvert le feu sur les jeunes pendant près d'une heure et demie, faisant 69 morts supplémentaires.

Des politiques dans le collimateur

Selon «VG», qui dit avoir eu accès au procès-verbal de ses auditions par la police, Behring Brevik a pris cette décision après avoir entendu à la radio que la tour gouvernementale de 17 étages ne s'était pas écroulée sous l'effet de sa bombe.

Aujourd’hui, la police a qualifié ces «fuites» d'«infortunées» et annoncé l'ouverture d'une enquête pour en déterminer l'origine. Me Lippestad n'était quant à lui pas immédiatement disponible pour un commentaire.
Dans le passé, tant la police que l'avocat avaient indiqué que l'extrémiste de 32 ans avait plusieurs cibles dans le collimateur, sans toutefois préciser lesquelles.

Toujours selon «VG», Behring Breivik espérait, sur Utoeya, s'en prendre au chef de la diplomatie Jonas Gahr Stoere qui y avait fait une intervention la veille, à Mme Gro Harlem Brundtland, ex-Premier ministre et icône du travaillisme norvégien, ou encore au chef de la  Jeunesse travailliste, Eskil Pedersen. Aucune de ces trois personnes n'a finalement été atteinte.

Lundi, le tribunal d'Oslo avait décidé de maintenir Behring Breivik en détention provisoire pendant au moins 12 semaines supplémentaires, jusqu'au 6 février 2012. Son procès devrait  démarrer le 16 avril.