La Turquie est priée de sanctionner les violences policières

L'Europe invite la Turquie à enquêter sur les violences policières commises récemment lors des manifestations de la place Taksim à Istanbul.
07 août 2015, 11:33
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a invité lundi la Turquie à enquêter sur les violences policières commises lors des récentes manifestations autour de la place Taksim à Istanbul.

Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe a invité lundi la Turquie à enquêter sur les violences policières commises lors des récentes manifestations autour de la place Taksim à Istanbul. Il est aussi demandé à Ankara de sanctionner les coupables.

"Tous les cas d'usage excessif de la force par la police doivent faire l'objet d'une enquête approfondie et être sanctionnés en conséquence", a déclaré Nils Muiznieks dans un communiqué publié à Strasbourg. Il a rappelé que l'absence d'enquête "effective" sur les violences commises par les agents de l'Etat constitue, en soi, une faute sanctionnée par la Cour européenne des droits de l'homme, qui a condamné la Turquie à de nombreuses reprises à ce sujet.

Le Commissaire, qui rentre d'une visite de cinq jours à Istanbul et Ankara, souligne avoir recueilli sur place de nombreuses allégations de violations des droits de l'homme commises par les forces de l'ordre. Il s'est basé sur des témoignages mais aussi des photos, des vidéos et des rapports médicaux-légaux pour étayer sa thèse.

"La plupart des témoignages concernaient l'utilisation excessive et impropre des gaz lacrymogènes ainsi que des violences commises au moment des interpellations", a ajouté le Commissaire.

Impartialité

En réponse aux autorités turques, pour lesquelles la violence des forces de l'ordre a été proportionnelle à celle des manifestants, M. Muiznieks a souligné que seules des enquêtes indépendantes et impartiales pourront en attester.

"Les manifestants qui ont eu recours à la violence doivent, bien entendu, assumer les conséquences de leurs actes, mais la priorité absolue de tout Etat démocratique doit être de combattre l'impunité pour préserver la confiance des citoyens envers les forces de l'ordre", a-t-il dit.

La police turque a encore tiré des grenades lacrymogènes et utilisé des canons à eau pour disperser des centaines de manifestants qui voulaient pénétrer samedi dans le parc Gezi d'Istanbul, adjacent à la place Taksim, l'épicentre des manifestations du mois dernier.