Le cessez-le-feu tient à Gaza

La vie a repris son cours dans la bande de Gaza mercredi au second jour d'un cessez-le-feu respecté et persistant, alors qu'Israël réfléchit à la suite.
07 août 2015, 14:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'offensive "Bordure protectrice" a coûté la vie à 1867 Palestiniens et 67 Israéliens.

La vie a repris son cours dans la bande de Gaza mercredi au second jour d'un cessez-le-feu respecté et persistant. La trêve était toutefois suspendue à des discussions très ardues avec les Egyptiens pour les négociateurs entre Israéliens et Palestiniens.

Alors qu'un semblant de relative normalité revenait dans le territoire dévasté, des habitants de Gaza ont commencé à quitter les abris des Nations unies pour tenter de regagner leurs quartiers malgré les dévastations de quatre semaines de bombardements israéliens. Dans l'air flottait l'odeur de corps en décomposition.

Sous le choc de la dévastation après celui des bombes, les Gazaouis se sont aussitôt attelés à réparer leur maison ou leur magasin s'il n'a pas disparu sous les bombes. Pour les autres, à Shujaiyea, Tuffah ou Beit Hanoun, ils continuaient à vivre dans des refuges. Près de 500'000 personnes ont été déplacées par la guerre, selon les humanitaires.

Rétablir le courant électrique

Les Gazaouis ont aussi rouvert leurs marchés et leurs banques. Des dizaines de pêcheurs ont repris la mer pour la première fois depuis des semaines. Les policiers réglaient à nouveau la circulation dans la ville martyre de Rafah.

Les salariés des compagnies d'électricité s'employaient à rétablir le courant. La population a eu deux heures d'électricité mardi. La guerre a provoqué entre 4 et 6 milliards de dollars de dégâts directs, mais l'addition pourrait être bien plus salée, selon le vice-ministre palestinien de l'Economie Tayssir Amro.

L'offensive "Bordure protectrice" lancée le 8 juillet par Israël a coûté la vie à 1867 Palestiniens, majoritairement des civils, selon les services de santé de Gaza. Israël a perdu 64 soldats ainsi que trois civils.

Pas encore de vrai face à face

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a réuni mardi soir son cabinet de sécurité pour examiner les conséquences de près d'un mois de combats contre le Hamas et établir une stratégie pour les négociations prévues au Caire.

"Pour Israël, la question la plus importante est celle de la démilitarisation", a commenté un porte-parole de M. Netanyahu. "Nous devons empêcher le Hamas de se réarmer. Nous devons démilitariser la bande de Gaza", a-t-il dit.

Cette trêve, conclue après une médiation de l'Egypte, doit favoriser l'ouverture de négociations sur un arrêt durable des hostilités. Israël a envoyé mardi une délégation de haut rang au Caire, où se trouvent déjà des représentants palestiniens, notamment du Hamas et du Jihad islamique.

"Les discussions indirectes entre les Palestiniens et les Israéliens se poursuivent", a dit un responsable égyptien, laissant clairement entendre que les deux camps ne se sont pas rencontrés face à face pour l'instant. "Il est encore trop tôt pour évoquer des résultats mais nous sommes optimistes", a-t-il ajouté.

Les initiatives se multiplient

De nouveaux entretiens devaient avoir lieu mercredi, ont souligné des sources égyptiennes et palestiniennes. Israël pourrait donner une réponse préliminaire aux demandes palestiniennes. Mais les exigences des deux parties semblent difficilement conciliables.

Israël réclame que le Hamas et les autres groupes armés déposent les armes, ce que le mouvement islamiste au pouvoir à Gaza refuse catégoriquement. La Ligue arabe a de son côté annoncé qu'elle dépêcherait "prochainement" des ministres d'au moins quatre de ses pays membres à Gaza pour marquer sa "solidarité" et évaluer les besoins de la reconstruction.

Parallèlement, l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont proposé de relancer une mission européenne afin d'aider à la réouverture d'un point de passage à Rafah, localité dans le sud de la bande de Gaza et frontalière de l'Egypte, a indiqué mercredi une source diplomatique allemande.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à mettre fin au "cycle insensé des souffrances" dans la bande de Gaza, dans un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies.