Le conseil de l'AIEA aborde une réunion délicate sur l'Iran

Les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) entament aujourd'hui une réunion délicate sur l'Iran. Elle intervient après un rapport très critique sur le programme nucléaire de Téhéran devenu objet de tensions entre les Occidentaux d'une part, la Russie et la Chine de l'autre.
03 août 2015, 19:19
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
aiea_key

Les délégations des 35 Etats membres au total du conseil des gouverneurs se retrouvent à huis-clos pour une réunion de deux jours au siège de l'agence de l'Organisation des Nations Unies (ONU), basée à Vienne.
Sans conclure que l'Iran est capable ou sur le point de fabriquer la bombe atomique, l'AIEA a présenté dans son rapport une vaste série d'éléments globalement «crédibles», recueillis par ses soins ou obtenus auprès d'une dizaine d'Etats membres, indiquant que le pays a - contrairement à ses dires - examiné la mise au point de l'arme atomique.

Une assertion fermement rejetée par l'Iran. Hier, le chef de  la diplomatie, Ali Akbar Salehi, a promis que son pays répondrait de manière «argumentée» à l'AIEA.

Suggestion
Pour les Occidentaux, ce rapport représente «un tournant» dans l'enquête de l'agence sur l'Iran, entamée il y a huit ans, et l'occasion d'augmenter la pression sur la République islamique pour qu'elle coopère davantage, voire infliger de nouvelles sanctions.

La Chine, dont l'Iran est l'un des principaux fournisseurs d'hydrocarbures, et la Russie, qui entretient des liens commerciaux étroits avec ce pays, s'y opposent.

Le rapport de l'AIEA a mis au grand jour les divergences d'approche au sein du groupe des 5+1, les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Grande-Bretagne) et l'Allemagne, chargé de négocier avec l'Iran sur son programme nucléaire.

Mais, la résistance de Moscou et Pékin est aussi à placer dans un cadre plus large: «Les Russes et les Chinois sont de mauvaise humeur, en raison surtout de ce qu'ils considèrent comme un détournement de la dernière résolution du conseil de sécurité de l'ONU sur la Libye», estime Oliver Thränert, expert à l'Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité. /ats-afp