Le doute persiste sur les causes de la mort de Yasser Arafat

Le 11 novembre 2004, il y a dix ans jour pour jour, Yasser Arafat s'éteignait à l'âge de 75 ans dans un hôpital militaire de la région parisienne, après une longue agonie très médiatisée. Malgré une exhumation et trois enquêtes d'experts, les doutes sur un éventuel empoisonnement du leader historique palestinien n'ont jamais été levés.
07 août 2015, 14:26
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
FILE - In this Saturday, Oct. 2, 2004 file photo, Palestinian leader Yasser Arafat pauses during an emergency cabinet session, at his compound, in the West Bank town of Ramallah.  Palestinian official says the remains of former Palestinian leader Yasser Arafat will be exhumed on Tuesday, Nov. 27, 2012 to enable foreign experts to take samples as part of a probe into his death. (AP Photo/Muhammed Muheisen, File)

Sa veuve, Souha Arafat, avait déposé en juillet 2012 une plainte contre X pour assassinat à Nanterre, en France, après la découverte de polonium, une substance radioactive, sur des effets personnels de son mari. Ce produit lui aurait été, selon elle, administré par un membre de son entourage.

Des juges d'instruction français avaient alors ordonné l'exhumation de la dépouille du principal fondateur du Fatah, ce qui a été fait en novembre 2012. Une soixantaine d'échantillons prélevés sur la dépouille avaient été répartis pour analyse entre trois équipes d'enquêteurs suisses, français et russes. Chaque équipe a effectué son travail individuellement, sans contact avec les autres.

Deux pour, un contre

Début novembre 2013, les experts suisses sont les premiers à rendre leurs conclusions. Ils penchent pour un empoisonnement au polonium, sans être totalement affirmatifs. Les résultats obtenus sont «plus cohérents» avec cette hypothèse qu'avec l'hypothèse inverse, soutient le professeur Patrice Mangin.

Le directeur du Centre universitaire romand de médecine légale (CURML) soutient «raisonnablement» que le décès de Yasser Arafat «a été la conséquence d'un empoisonnement au polonium-210».

Un mois plus tard, les experts français écartent la thèse d'un empoisonnement du dirigeant palestinien. Ils penchent pour celle d'une mort naturelle. Yasser Arafat est décédé «de vieillesse à la suite d'une infection généralisée».

Enfin, fin décembre 2013, les experts russes concluent eux aussi à un décès naturel et excluent tout empoisonnement au polonium. Du côté palestinien, les doutes ne sont pas levés. Après la publication, les conclusions russes, l'ambassadeur palestinien à Moscou, Faed Mustafa, avait assuré que l'enquête sur le décès de Yasser Arafat se poursuivait.