Le général Martin Dempsey traite l'EI de "bande de nains"

Le général Martin Dempsey, chef d'état-major de l'armée américaine, a estimé samedi à Bagdad que le rapport de forces dans le conflit contre l'Etat islamique (EI) était en train de se renverser. Il a traité l'EI de "bande de nains" mais a cependant dû admettre que la campagne durerait probablement des années.
07 août 2015, 14:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le général Martin Dempsey s'est montré satisfait de ses troupes à Bagdad.

Devant les troupes américaines, Martin Dempsey a déclaré que l'armée américaine avait aidé les forces irakiennes et kurdes à "éloigner l'Irak du précipice". "Et maintenant, j'ai le sentiment que les choses commencent à changer. Bien joué", a-t-il ajouté.

''Il était crucial'', a-t-il poursuivi, ''de montrer que l'EI n'est pas une force inarrêtable mais plutôt une bande de nains à l'idéologie radicale".

Mais pour sa première visite en Irak depuis que Barack Obama a décidé cet été le retour de conseillers militaires en Irak, avant d'ordonner des raids aériens, il s'est toutefois gardé de verser dans un discours triomphaliste. Interrogé sur la durée de la campagne, il a répondu: "Combien de temps ? Plusieurs années."

Le général, qui s'est rendu au centre opérationnel conjoint mis en place à Bagdad, a aussi rencontré le général James Terry, commandant de la "task force" chargée de l'opération, ainsi que des membres de l'administration irakienne, dont le Premier ministre Haïdar al-Abadi. Il s'est ensuite rendu à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

Aide américaine renforcée

La venue du général Dempsey survient alors que Barack Obama a ordonné, voici une semaine, un nouveau renforcement de l'aide américaine aux forces irakiennes et kurdes qui combattent l'EI.

Quelque 1'500 conseillers militaires américains supplémentaires vont se rendre en Irak, soit un doublement des forces américaines présentes pour aider et former les forces irakiennes. La coalition mise en place par Washington poursuit parallèlement ses frappes aériennes contre des cibles de l'EI.

La visite inopinée du président de l'état-major interarmes des forces américaines a coïncidé sur le terrain avec la progression des forces irakiennes armées à Baïdji, entre Bagdad et Mossoul, site de la plus grande raffinerie du pays.

L'armée irakienne reprend la principale raffinerie du pays

Les forces irakiennes ont en effet enregistré samedi un troisième succès en une semaine face à l'Etat islamique (EI) en brisant le siège de la principale raffinerie du pays, à Baïji, la plus grande ville perdue par les jihadistes depuis juin.

L'armée irakienne avait déjà remporté une victoire significative vendredi en reprenant la ville de Baïji, dans le nord de l'Irak. Et mercredi, elle était parvenue à chasser les jihadistes du barrage d'Adhaim, où le gros de l'infrastructure n'a pas été endommagé, dans l'est. "Les forces irakiennes (...) ont atteint l'entrée de la raffinerie", a déclaré samedi le gouverneur de la province de Salaheddine, Raad al-Joubouri.

Cet immense complexe était assiégé depuis plusieurs mois par l'EI, qui avait réussi à y pénétrer mais sans en prendre le contrôle. La raffinerie produisait autrefois 300'000 barils par jour, fournissant 50% de la demande locale.

Combats de courte durée

Un soldat de la 5e brigade a indiqué que les combats, impliquant des tirs d'obus de mortier ainsi que des frappes aériennes, n'avaient duré que quelques heures mais précisé que le désamorçage de nombreux engins piégés nécessiterait encore du temps.

Il a précisé que les troupes au sol avaient avancé en communiquant l'emplacement des bombes aux hélicoptères qui avaient ensuite tiré dessus pour ouvrir le chemin. Les corps d'au moins huit jihadistes étaient visibles près des rives du lac, dont l'un décapité.

La fulgurante offensive lancée le 9 juin par l'EI au nord de Bagdad avait affecté la production pétrolière dans le nord, mais les importants champs pétroliers et terminaux d'exportation du sud n'ont jamais été touchés.

Ce succès irakien devrait aider à isoler davantage les jihadistes à Tikrit, plus au sud, des autres zones contrôlées par l'EI, en particulier Mossoul, deuxième ville d'Irak.

Révolte de la faim

Sur le front syrien, des heurts ont éclaté vendredi dans la ville assiégée de Douma, au nord-est de Damas, après une attaque d'habitants affamés contre des stocks de nourriture contrôlés par un groupe islamique rebelle, a relaté samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), se basant sur son réseau en Syrie.

Plusieurs personnes ont été blessées dans les affrontements qui ont repris samedi. "Les habitants de Douma ont faim, ils sont assiégés et ils disent que l'Armée de l'islam ne distribue la nourriture et les médicaments qu'à ses combattants", selon le directeur de l'OSDH Rami Abdel Rahmane.