Le nouveau gouvernement va relancer les réacteurs jugés sûrs

Le gouvernement de Shinzo Abe remet en cause les engagements du gouvernement précédent en matière de nucléaire. Dès qu'elles seront jugées sûres les centrales seront rouvertes.
27 déc. 2012, 16:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le tsunami a causé beaucoup de dommages au Japon. Ici, le réacteur 4, après le tsunami, de la centrale nucléaire Fukushima.

Le nouveau ministre japonais de l'Industrie, Toshimitsu Motegi, a déclaré jeudi que le gouvernement allait relancer les réacteurs atomiques jugés sûrs. Il s'est également prononcé pour une révision de l'objectif "zéro nucléaire" prévu par les précédents dirigeants nippons.

Parallèlement, il a promis que les énergies renouvelables seraient utilisées au maximum de même que devront être poursuivies autant que possible les économies de ressources naturelles.
 
"Les réacteurs ne redémarreront pas tant que leur sécurité ne sera pas assurée par l'autorité indépendante de régulation, sur la base de connaissances scientifiques", a expliqué le ministre devant la presse. "En revanche, à partir du moment où celle-ci juge un réacteur sûr, le gouvernement en tiendra compte et décidera alors de le relancer en prenant ses responsabilités", a-t-il ajouté.
 
De la même façon, sur la poursuite de la construction de réacteurs, la décision sera prise en fonction des études de sûreté diligentées par des spécialistes.
 
Fin du nucléaire remise en question
 
Le précédent gouvernement de centre-gauche, conduit par Yoshihiko Noda, avait fait part en septembre de sa volonté de réduire à néant l'usage de l'énergie nucléaire au cours des années 2030. Cette décalration était intervenue dix-huit mois après l'accident de Fukushima, une catastrophe sans précédent depuis Tchernobyl il y a 25 ans, causée par un tsunami consécutif à un puissant séisme.
 
Cette perspective n'est pas celle du nouveau gouvernement. Le Parti Libéral-Démocrate (PLD) de Shinzo Abe juge que le Japon peut difficilement se passer de l'énergie nucléaire pour des raisons économiques.
 
Avant d'afficher cette position, M. Noda avait cependant autorisé la remise en service de deux unités sur un parc de 50 unités, les 48 autres étant maintenus à l'arrêt pour des examens supplémentaires de sûreté.
 
L'accident survenu à Fukushima Daiich a entraîné des rejets massifs de radioactivité dans l'air, les sols et les eaux de la région.
 
Abe sur place
 
Tokyo Electric Power (Tepco) a de son côté annoncé jeudi avoir déposé une demande d'aide financière supplémentaire de 698,6 milliards de yens (7,5 milliards de francs) à l'Etat pour dédommager les victimes de la catastrophe. Le montant total s'élèverait ainsi à 3243 milliards de yens (34,9 milliards de francs) et est censé être remboursé ultérieurement par Tepco.
 
C'est la quatrième requête d'avance de fonds de la compagnie d'électricité, qui la justifie par la nécessité d'indemniser davantage de personnes que prévu initialement. Elle cite notamment des familles qui ont volontairement quitté la région contaminée par les rejets du site atomique saccagé par le tsunami du 11 mars 2011.
 
Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, se rendra samedi à Fukushima, afin de montrer sa volonté d'accélérer la résolution de ce désastre, ont indiqué jeudi des médias nippons.