Le Parlement européen bloque 5 lois pour dénoncer la réforme de Schengen

Le Parlement européen a décidé jeudi de suspendre les négociations avec les gouvernements européens sur cinq projets de lois jusqu'à ce que ces derniers lui rendent ses pouvoirs dans le processus de réforme de Schengen.
06 août 2015, 09:59
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le président du Parlement européen Martin Schulz parle d'une situation sans précedent.

Les institutions européennes sont-elles en train de se gripper? Strasbourg a suspendu ce jeudi les négociations avec les gouvernements européens sur cinq projets de lois jusqu'à ce que ces derniers lui rendent ses pouvoirs dans le processus de réforme de Schengen, a annoncé son président Martin Schulz. Les députés européens avaient déjà menacé mardi de saisir la Cour de justice.

L'ensemble des groupes politiques du Parlement, à l'exception de l'extrême droite, reproche aux ministres de l'Intérieur européens d'avoir décidé vendredi dernier de réformer le mécanisme d'évaluation de la mise en oeuvre des dispositions de l'accord de Schengen en excluant le Parlement du processus.

"Le Parlement européen a décidé de suspendre cinq négociations en cours, jusqu'à ce qu'il obtienne satisfaction du Conseil (...) Tous les groupes se sont mis d'accord sur cette mesure à l'exception de l'ECR (groupe des conservateurs et réformateurs européens, eurosceptiques). C'est une décision sans précédent, depuis 18 ans que je siège au Parlement européen", a déclaré à Strasbourg Martin Schulz.

"C'est une décision extrême qui répond à une décision extrême du Conseil", a dit M. Schulz. "Le conseil ne peut, en tant qu'organe exécutif, attendre du Parlement qu'il s'efface", a-t-il ajouté.

Parmi les cinq décisions figurent celle qui a mis le feu au poudre, le rapport sur le mécanisme d'évaluation de Schengen, qui devait être adopté en juillet.

Les députés européens avaient manifesté avec force mardi leur mécontentement en menaçant de saisir la Cour de justice. Cette possibilité n'a pas été évoquée par M. Schulz.