Le procès des prothèses PIP s'ouvre à Marseille

Le tribunal correctionnel de Marseille sera dès mercredi le cadre du procès des prothèses mmammaires défectueuses de la société Poly Implant Prothèses (PIP). Cinq dirigeants de l'entreprise prendront place sur le banc des accusés.
07 août 2015, 11:15
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Plus de 5000 femmes, sur environ 300'000 ayant eu recours aux implants PIP, ont porté plainte dans ce procès.

Le procès des prothèses mammaires défectueuses s'ouvre ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Marseille, dans le sud de la France. Cette affaire avait fait un scandale sanitaire d'ampleur mondiale en 2010 et avait entraîné des milliers de plaintes.

Cinq dirigeants de la société Poly Implant Prothèse (PIP) qui avait fabriqué les implants, dont son fondateur Jean-Claude Mas, 73 ans, comparaissent pour répondre des accusations d'escroquerie et tromperie aggravée. Les audiences devraient durer un mois et les accusés risquent jusqu'à cinq ans de prison.
 
"De Mas je n'attends rien, il a été si méprisant", a confié une des victimes, opérée cinq fois depuis la rupture de sa prothèse implantée après un cancer du sein. "Mais j'ai l'intention de lui dire ce que j'ai sur le coeur, que nous sommes prisonnières jusqu'à la fin de notre vie de notre souffrance, et j'aimerais qu'il le porte sur sa conscience".
 
L'avocat de Jean-Claude Mas, Yves Haddad, a annoncé son intention de demander un renvoi du procès au motif notamment que son client n'avait pas reçu la convocation dans les délais.
 
Des Argentines aussi représentées
 
Plus de 5000 femmes, sur environ 300'000 ayant eu recours aux implants PIP, ont porté plainte dans ce procès. La plupart sont Françaises, mais une centaine d'Argentines sont également représentées à Marseille. Elles ont par ailleurs engagé une action civile dans leur pays contre les assureurs de PIP.
 
Quelque 300 avocats défendront les plaignantes pour comprendre comment une petite entreprise française a pu pendant dix ans fabriquer et commercialiser à travers le monde des prothèses remplies d'un gel de silicone impropre à un tel usage, à l'insu des organismes de contrôle.