Les combats s'intensifient prêt de l'aéroport de Donetsk en Ukraine

Les combats redoublaient d'intensité en Ukraine à quelques jours de l'entrée en vigueur d'une trêve visant à mettre fin à huit mois de conflit meurtrier. Le président Petro Porochenko a exhorté ses troupes à ne pas perdre l'aéroport de Donetsk.
07 août 2015, 14:31
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les combats s'intensifient entre les rebelles pro-russes et l'armée ukrainienne

La totalité du territoire ukrainien sera à la merci de "l'ennemi" si les forces armées ukrainiennes perdent le contrôle de l'aéroport de Donetsk, au coeur des régions tenues par les séparatistes dans l'est du pays, a affirmé le président ukrainien.

Le chef de l'Etat s'est dit certain qu'en défendant l'aéroport, "nous défendons toute l'Ukraine". "Si nous abandonnons (l'aéroport de) Donetsk, l'ennemi sera à Borispil (le principal aéroport international de Kiev) ou à Gostomel (une ancienne base aérienne de l'armée près de la capitale) ou même à Lviv (la principale ville d'Ukraine occidentale)", a-t-il dit.

Au moins six soldats tués

La ville de Donetsk, la plus grande du Donbass, est tenue par les séparatistes, mais l'aéroport échappe à leur contrôle. De nouveaux affrontements violents ont opposé dans la nuit de jeudi à vendredi les soldats ukrainiens aux séparatistes dans ce secteur.

Au moins six soldats ukrainiens ont péri et 13 ont été blessés en 24 heures. Un retraité a aussi été tué par des éclats d'obus, a annoncé le porte-parole militaire Andrii Lyssenko. C'est l'un des bilans les plus lourds pour les forces armées ces dernières semaines.

Il a indiqué que "plusieurs attaques ennemies" contre l'aéroport de Donetsk avaient été repoussées. Les violences continuent donc alors même que Kiev et les séparatistes prorusses ont créé la surprise en annonçant jeudi un accord sur un arrêt total des tirs dans l'est du pays à partir du 9 décembre.

D'après Andrii Lyssenko, les rebelles ont subi de lourdes pertes lors de trois tentatives visant à percer les lignes défendues par les soldats, y compris à l'aéroport.

Trêve pour récupérer les corps

Mardi, un dirigeant séparatiste avait pourtant annoncé un cessez-le-feu autour de Donetsk.

Un premier cessez-le-feu avait déjà été conclu à Minsk le 5 septembre entre Kiev et les rebelles, lors de négociations auxquelles participaient la Russie et l'OSCE. Mais il n'a jamais été réellement appliqué.

Mistral: "On pourrait ne jamais livrer"

Le président français François Hollande a lui appelé à une "désescalade", alors que la Russie est frappée par de lourdes sanctions économiques occidentales depuis l'annexion de la Crimée en mars. La livraison du premier des deux navires Mistral que Paris a vendus à la Russie est d'ailleurs en suspens.

"On pourrait ne jamais livrer. Il faut que les Russes se rendent compte de cette situation", a précisé le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

La France "doit remplir toutes ses obligations" pour la livraison à la Russie du navire de guerre Mistral qu'elle s'est engagée à lui vendre, faute de quoi sa "réputation" sera en jeu, a lancé de son côté, sans cacher son agacement, Sergueï Lavrov.

Pénurie de charbon

Confrontée à une pénurie de charbon à l'approche de l'hiver, l'Ukraine négocie par ailleurs avec la Russie l'achat d'électricité, au risque d'accroître encore davantage sa dépendance énergétique envers son grand voisin.

Le charbon, dont l'Ukraine est privée depuis la perte du bassin houiller du Donbass et de ses mines, détruites par les bombardements ou sous contrôle de la rébellion prorusse, représente près de 40% de la production d'électricité du pays.

La Russie a aggravé la situation en novembre en arrêtant ses livraisons de charbon à l'Ukraine, invoquant un "cas de force majeur". Selon M. Demtchichine, il ne reste plus que 1,4 million de tonnes de charbon dans les réserves, soit moins de la moitié de la totalité des besoins pour la saison hivernale.

Moscou demande néanmoins comme condition préalable à toute livraison d'électricité que Kiev assure également l'approvisionnement de la Crimée, qui dépend encore fortement de Kiev pour se fournir en électricité et en eau.