Les Lettons élisent leur parlement ce samedi et ont un oeil sur l'Ukraine

Les Lettons élisent ce samedi leur parlement. L'inquiétude quant à l'agressivité de la Russie en Ukraine est cependant de mise.
07 août 2015, 14:17
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Inquiets de l'agressivité de la Russie en Ukraine, les Lettons élisent samedi leur parlement dans un scrutin qui devrait laisser au pouvoir la coalition sortante de centre droit.

Inquiets de l'agressivité de la Russie en Ukraine, les Lettons élisent samedi leur parlement dans un scrutin qui devrait laisser au pouvoir la coalition sortante de centre droit. Ce résultat est attendu par les analystes, même si ces derniers prédisent un bon score du parti pro-Kremlin.

Selon des sondages, le parti de l'importante minorité russophone, Harmonie, dont le dirigeant, le maire de Riga Nils Ushakovs, se déclare fan du président russe Vladimir Poutine, devrait arriver en tête avec quelque 24% des voix. Mais il n'aurait aucune chance de former le gouvernement, les autres formations se liguant contre lui, comme c'est le cas actuellement.

Ainsi, la coalition sortante conduite par la Première ministre Laimdota Straujuma, une technocrate de 63 ans, devrait être reconduite à la tête du petit pays balte de deux millions d'habitants qui fait partie de l'Otan, de l'UE et de la zone euro.

D'après l'institut letton de sondages SKDS, la coalition quadripartite pourrait obtenir 61 sièges, soit cinq de moins qu'actuellement, dans une chambre qui en compte 100.

"Depuis l'indépendance en 1991, tous les gouvernements lettons ont été formés par des coalitions de partis représentant les intérêts des Lettons de souche", rappelle Daunis Auers, professeur de sciences politiques comparatives à l'Université de Lettonie.

Le cas de l'Ukraine inquiète

La campagne électorale s'est déroulée sur fond de craintes apparues après l'annexion de la Crimée par la Russie et l'éclatement du conflit en Ukraine, où des séparatistes sont soutenus par Moscou.

Soupçonnant le Kremlin de vouloir rétablir son autorité dans la zone de l'ex-URSS, les Baltes craignent la déstabilisation de leurs petits Etats, dont deux, la Lettonie et l'Estonie, abritent d'importantes minorités russophones.

Le parti des russophones fait aussi peur à certains Lettons. "Si Harmonie gagne, ce sera un désastre pour le pays. Ils le vendront aux Russes", déplore un musicien de Riga, Karlis Kalnins, un ruban aux couleurs nationales, rouge et blanc, épinglé à sa veste.

Pas de sympathie excessive

Cependant, les russophones, soit 25% de la population, démentent toute sympathie excessive pour la Russie de Poutine. "Nous vivons ici, nous payons les impôts, nous élevons nos familles. Nous sommes plus loyaux que tous ceux qui sont partis à l'étranger chercher du travail", affirme Marina Sokolova, porte-parole de la ville de Rezneke, gouvernée par Harmonie et à moitié russophone.

L'autre thème de la campagne électorale est la situation économique dans un pays où l'arrivée du capitalisme a accentué les différences de niveau de vie.

Treize partis présentent des candidats aux suffrages des électeurs. Les bureaux de vote ouvrent à 07h00 (06h00 heure suisse) et ferment à 20h00 (19h00 heure suisse).