Les militaires de Toulouse et Montauban tués par la même arme

C'est la même arme qui a été utilisée dans les meurtres de deux militaires jeudi à Montauban et celui d'un soldat abattu dimanche dernier à Toulouse, a confirmé vendredi le procureur de la République de Toulouse Michel Valet.
05 août 2015, 15:55
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Deux soldats ont été tués et un troisième grièvement blessé par balles jeudi en pleine rue à Montauban (Tarn-et-Garonne), quatre jours seulement après la mort d'un militaire abattu à Toulouse (Haute-Garonne).

"Le lien a été fait de façon certaine" entre les deux affaires, a déclaré Michel Valet lors d'une conférence de presse à Toulouse. Les balles tirées à Montauban et la balle tirée à Toulouse proviennent d'une seule et même arme, de calibre 11.43, a précisé le procureur de la République de Toulouse. Il y a également "dans les deux cas, un suspect qui se déplace sur un scooter de forte cylindrée", a ajouté Michel Valet.

Les quatre victimes, dans les deux affaires, ont été atteintes à la tête et certaines présentaient des blessures dans le dos et au thorax. Dans tous les cas le tireur était "très près de ses victimes", selon le procureur, qui a confirmé que certaines balles avaient été tirées à bout portant.

A ce stade, "aucune piste n'est écartée ou privilégiée", selon Michel Valet, qui précisait que "le règlement de comptes est une piste" possible. En revanche, il n'apparaît pas pour l'heure de connotation terroriste, selon lui. Et rien ne permet de penser que le mobile était le vol.

Si les quatre victimes étaient des militaires, il n'a pas été établi si les soldats de Montauban connaissaient celui de Toulouse. Les soldats affichaient des "parcours militaires très différents" Sur les quatre, un seul était allé en Afghanistan. Certains ont eu à participer à des opérations nombreuses extérieures à la France, a précisé Michel Valet, mais l'essentiel de leurs missions ont été effectuées sur le territoire français.

Enfin, toutes les victimes étaient inconnues de la justice. Une seule avait un casier judiciaire pour un excès de vitesse. "De très bons citoyens", a résumé le procureur.

A Montauban, jeudi, 13 coups de feu, a précisé Michel Valet, ont été tirés contre trois soldats du 17e régiment du génie parachutiste (17e RGP) qui retiraient de l'argent à un distributeur près de leur caserne. Certains ont été tirés par derrière et "la majorité des tirs ont atteint les victimes".

Deux des soldats, âgés de 23 et 25 ans ont été tués. La compagne de l'un d'eux est enceinte de sept mois, a précisé le procureur. Le troisième militaire, âgé de 27 ans, a été grièvement blessés et se trouve toujours dans un état grave, selon Michel Valet. Les soldats avaient été pris pour cible par un homme casqué, visière ouverte, qui les attendait sur son scooter à proximité du distributeur automatique, a fait feu sur le groupe avant de prendre la fuite avec son deux-roues.

Le 11 mars dernier, un militaire de 30 ans, sergent-chef au 1er régiment du train parachutiste, basé à Francazal à Toulouse, avait été tué d'une balle dans la tête près d'un gymnase, dans un quartier résidentiel de la ville. L'agresseur circulait là encore à deux-roues et avait également pris la suite après avoir tiré.

Selon le procureur de Toulouse, la victime avait passé une annonce pour vendre sa moto et cette annonce "permettait de connaître sa qualité de militaire". Mais les enquêteurs ne sont pas en mesure de dire si un rendez-vous avait été organisé.