Les prorusses de Donetsk fêtent leur "république" après six mois d'existence

Chants patriotiques et discours de propagande ont été relayés par les indépendantistes pro-russes à Donetsk, à l'occasion des six premiers mois de la proclamation de la république.
07 août 2015, 14:18
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Sous l'oeil de Lénine, la république autoproclamée de Donetsk (RPD) a renoué samedi avec les recettes soviétiques pour célébrer ses six mois d'existence.

Sous l'oeil de Lénine, la république autoproclamée de Donetsk (RPD) a renoué samedi avec les recettes soviétiques pour célébrer ses six mois d'existence. Chants patriotiques et discours de propagande ont été largement relayés.

Du haut de sa statue, main dans la poche et manteau au vent, Lénine contemple la petite foule de 250 à 300 personnes parsemant la place qui porte son nom en plein centre de Donetsk, la principale ville aux mains des rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Les regards sont fixés vers la scène dressée à ses pieds, encadrée de drapeaux rouges à croix bleue, symboles de la "Novorossia", la fédération que la RPD forme avec la "république" voisine de Lougansk.

Sous un soleil radieux, la RPD, proclamée le 7 avril dernier, fête son demi-anniversaire, loin des "fascistes" et autres "nazis" qui, selon ses dirigeants, ont pris le pouvoir à Kiev après la destitution en février du président prorusse Viktor Ianoukovitch.

Musique patriotique

A dix kilomètres de là, d'intenses combats se déroulaient pour le contrôle d'un dernier point stratégique: l'aéroport. Les tirs de roquettes résonnent habituellement jusqu'au centre-ville, mais samedi ils ne perçaient qu'entre deux morceaux de musique patriotique.

"Merci aux héros qui, dressés comme des murs, nous protègent", chantait une adolescente. "C'est mon pays, le pays des mineurs. Et personne ne nous séparera, nous serons ensemble pour toujours", entonnait pour sa part un mineur de sa voix de stentor.

Même Pavel Goubarev, le gouverneur de la RPD, y est allé de son couplet: "Nous sommes la Russie, la Russie unie".

A des spectacles réclamant la paix a succédé une chorégraphie de militaires en treillis combattant des danseuses vêtues de noir, le visage masqué par un foulard, allégorie de l'ennemi ukrainien. Puis s'est élevée une musique du IIIe Reich. Des images de défilés hitlériens sont apparues sur un écran au fond de la scène.

Donner plus

Snejana Eller est venue clamer sa fierté accompagnée de sa nièce Angelina, qui pilote une voiture à pédales, une Kalachnikov en plastique en bandoulière. Devant les photographes, la fillette de 8 ans fait le V de la victoire. "Nous sommes venus soutenir Novorossia. La milice protège notre région et les enfants".

"On veut de l'espoir", s'écrie Marina Boudenovski, ex-ouvrière dans une usine de ciment. "L'Ukraine m'a donné 1000 hryvnias (75 francs) de retraite, je ne peux pas survivre avec cela, j'espère qu'on me donnera plus", explique cette femme de 66 ans.

"Je suis malade et les traitements sont chers. J'ai dépensé tout mon argent pour les médicaments. Et cela fait trois mois que je ne reçois plus rien." "Ces spectacles, cela nous permet d'oublier nos problèmes", soupire-t-elle.