Les victimes du nazisme déportés par la SNCF seront indemisés

Les personnes déportées vers les camps nazis pendant la Seconde Guerre mondiale par les trains de la SNCF seront indemnisés.
07 août 2015, 14:31
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les victimes du nazisme déportées à bord des trains de la SNCF seront indemnisés.

L'Etat français versera 60 millions de dollars aux victimes, en premier lieu de nationalité américaine et israélienne, acheminées par les trains de la SNCF vers les camps nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Un accord en ce sens sera signé le 8 décembre, a annoncé vendredi la négociatrice française.

Le fonds, géré par les Etats-Unis, sera ouvert à toutes les nationalités à l'exception des ressortissants de pays ayant déjà signé des accords bilatéraux, comme le Royaume-Uni, la Belgique ou la Pologne, a expliqué Patrizianna Sparacino, ambassadrice pour les droits de l'Homme, chargée de la dimension internationale de la Shoah.

"Ça concerne des centaines de survivants, des conjoints, enfants et héritiers. Au total quelques milliers de personnes", a-t-elle dit lors d'une visio-conférence de presse. "Pour l'instant, l'objectif c'est que les déportés survivants touchent environ 100'000 dollars".

L'accord entrera en vigueur après l'approbation du Parlement français, a précisé la négociatrice. Il prévoit que les Américains gèrent les demandes, y compris d'Etats susceptibles d'attaquer la SNCF. "Les Etats-Unis défendront la France, c'est une contrepartie de cet accord", a dit Patrizianna Sparacino.

"Les Etats-Unis se sont engagés à l'immunité de juridiction de la France et l'accord a été négocié avec l'idée qu'il n'y aurait pas de renégociation" ultérieurement, a-t-elle ajouté.

Pressions sur la SNCF
Depuis plusieurs années, des élus américains des Etats de New York, de Californie ou de Floride tentaient d'empêcher la SNCF de répondre à des appels d'offre sur leur territoire, exigeant que l'opérateur français indemnise auparavant les familles des victimes des déportations.

Des négociations ont été lancées au début de l'année entre la France et les Etats-Unis, où le gouvernement fédéral a affirmé son droit exclusif sur les Etats fédérés à négocier.