Libye: voici un an que le pays est libéré du régime de Mouammar Kadhafi

La Libye célébrait mardi le premier anniversaire de l'annonce de la "libération totale" du pays du régime de Mouammar Kadhafi. Mais à Bani Walid, ville accusée de protéger des fidèles du défunt dictateur, les armes continuent à parler.
06 août 2015, 14:55
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
A l'occasion, des mesures de sécurité ont été renforcées dans la capitale où des dizaines de points de contrôle ont été établis dès lundi soir.

Le 23 octobre 2011, trois jours après la capture et la mort de Mouammar Kadhafi, les autorités de transition avaient proclamé la "libération totale" du pays, depuis Benghazi (est), deuxième ville du pays et berceau de la révolte en Libye.

Les autorités n'ont annoncé aucun programme pour fêter cette journée désormais fériée en Libye. Mais des rassemblements étaient prévus à Benghazi et la place des martyrs à Tripoli.
 
Dès la matinée, des voitures décorées du drapeau national, rouge, vert et noir, ont circulé dans les rues de la capitale, chansons patriotiques ou hymne national à plein volume.
 
A l'occasion, des mesures de sécurité ont été renforcées dans la capitale où des dizaines de points de contrôle ont été établis dès lundi soir.
 
"Purger les criminels"
 
La fête a été gâchée par des combats meurtriers à Bani Walid, un des derniers bastions de Mouammar Kadhafi au cours du conflit de 2011, accusé de toujours abriter des partisans de l'ex-dirigeant recherchés par la justice.
 
"Depuis la déclaration officielle de la fin des hostilités, la Libye est devenue un pays en proie à des conflits intercommunautaires", a estimé Claudia Gazzini, analyste pour la Libye de l'International Crisis Group.
 
Selon elle, "les autorités centrales ont agi principalement comme des spectateurs, en confiant la sécurité à des groupes armés (d'ex-rebelles) largement autonomes qui ne sont 'sous l'autorité de l'Etat' que par le nom", a-t-elle dit.
 
Les rebelles ayant combattu les forces de l'ancien régime estiment que Bani Walid, une ville de 100'000 habitants située à 185 km au sud-est de Tripoli, "n'a pas été libérée". Ils ont appelé à la "purger" des criminels qui y ont trouvé refuge.
 
Ville bombardée
 
Les autorités ont tenté à plusieurs reprises de calmer ces "révolutionnaires" mais après la multiplication des incidents, elles ont dû céder aux pressions des ex-rebelles organisés en milices lourdement armées.
 
Une offensive sur Bani Walid a été ainsi "légitimée" par une décision des autorités de transition après la mort d'un ex-rebelle de Misrata enlevé à Bani Walid et qui était décédé peu après sa libération négociée par Tripoli.
 
Ce décès a exacerbé les tensions entre les deux cités voisines ayant choisi des camps opposés lors du conflit de 2011.
 
L'Assemblée nationale avait alors donné des prérogatives fin septembre aux ministères de la Défense et de l'Intérieur pour arrêter les coupables de cet enlèvement ainsi que d'autres recherchés par la justice.
 
Depuis, la ville est assiégée et bombardée par des milices d'ex-rebelles notamment de Misrata, sous la bannière de l'armée nationale en cours de formation.
 
Pour justifier l'attaque, Mohamed al-Megaryef, président de l'Assemblée nationale avait affirmé samedi que Bani Walid est "devenue un abri pour un grand nombre de hors-la-loi hostiles à la révolution et même des mercenaires".
 
Il a enfoncé le clou, affirmant que la "libération du pays n'a pas été complètement réalisée dans certaines régions".