Maldives: Abdulla Yameen appelle de ses voeux une ère de stabilité

Abdulla Yameen, le nouveau président des Maldives, promet d'oeuvrer pour la stabilité du pays.
07 août 2015, 12:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Maldives' newly elected President Yaamin Abdul Gayoom waves to the audience during his inauguration in Male, Maldives, Sunday, Nov. 17, 2013. Gayoom, the brother of the Maldives' former authoritarian ruler, was sworn as the country's new president on Sunday, a day after his runoff victory capped a messy election that raised concerns that the tiny archipelago nation's new and fragile democracy was in jeopardy. (AP Photo/Sinan Hussain)

Le vainqueur de la présidentielle de samedi aux Maldives s'est engagé dimanche à oeuvrer pour la stabilité et la démocratie. Demi-frère de l'ancien homme fort du pays qui a régné sans partage pendant trois décennies, Abdulla Yameen a battu au second tour l'ex-président et chef de l'opposition Mohamed Nasheed, pourtant donné favori.

Abdulla Yameen a prêté serment dimanche lors d'une cérémonie retransmise à la télévision et à laquelle assistait M. Nasheed, qui a reconnu sa défaite.

"Nous maintiendrons de bonnes relations de voisinage avec les pays de la région et les autres", a déclaré le nouveau président, alors que les Maldives étaient sous le feu des critiques internationales en raison du processus électoral erratique ayant précédé sa désignation.

Appel à la stabilité

Avant son intronisation, M. Yameen avait appelé de ses voeux une ère de stabilité et la fin des querelles partisanes. "J'espère que nous recevrons la coopération nécessaire de Nasheed au Parlement", a-t-il dit.

M. Yameen, 54 ans, est le demi-frère d'un autre ancien président, Maumoon Abdul Gayoom, qui a régné de manière autocratique pendant 30 ans sur cet archipel de l'océan Indien et ses 350'000 habitants, des musulmans sunnites. Il était le candidat du Parti progressiste de M. Gayoom.

M. Nasheed a lui assuré qu'il ne contesterait pas le résultat du scrutin, supervisé par des observateurs internationaux. "Nous avons perdu par une très faible marge", a-t-il souligné. Entre les deux tours, ses principaux rivaux se sont unis, ce qui a conduit à la victoire inattendue de M. Yameen.

Chapitre d'incertitude refermé

Dimanche, le journal Minivan News, pro-Nasheed, a salué les discours de concorde des deux hommes. "L'élection de Yameen referme un chapitre de controverse et d'incertitude quant à la légitimité démocratique du gouvernement", a-t-il estimé.

M. Nasheed, 46 ans, ancien détenu politique et premier président des Maldives élu démocratiquement, en 2008, était donné favori du scrutin, 21 mois après avoir dû quitter le pouvoir sous la pression de manifestations - orchestrées selon lui par le clan Gayoom - et de policiers mutins.

Il avait remporté le premier tour le 7 septembre avec 45% des voix, mais ce résultat avait été annulé par la Cour suprême, qui avait accueilli favorablement une plainte à propos d'irrégularités concernant une liste électorale.

Après une nouvelle tentative avortée, le premier tour avait été organisé une deuxième fois le 9 novembre, donnant à M. Nasheed 47% des voix, un score largement supérieur à celui des deux autres candidats mais insuffisant pour lui permettre d'être proclamé vainqueur dès le premier tour.

Satisfaction à l'étranger

Les chancelleries occidentales avaient accusé à plusieurs reprises les autorités des Maldives de faire obstruction à l'élection pour des raisons politiques. Washington et New Delhi ont été les premières capitales à féliciter M. Yameen.

Près d'un million de touristes sont venus aux Maldives l'an dernier, attirés par les plages paradisiaques de leurs îles privées où la nuit d'hôtel peut être facturée plusieurs milliers de dollars.

Mais les troubles politiques et les menaces d'isolement international faisaient craindre aux professionnels de graves retombées sur le secteur.