Manifestation contre la libération de l'ex-femme de Dutroux en Belgique

Des centaines de personnes se sont rassemblées vendredi à Malonne, en Belgique, pour protester contre l'arrivée dans un couvent de l'ex-femme de Dutroux, Michelle Martin.
06 août 2015, 10:43
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Quelques centaines de personnes se sont rassemblées vendredi à Malonne, dans le sud de la Belgique, pour protester contre l'éventuelle arrivée dans le village de l'ex-femme du meurtrier pédophile Marc Dutroux. Michelle Martin devrait être accueillie dans un couvent.

Des gens portaient des ballons blancs, en hommage aux enfants victimes du couple, ou noirs, pour protester contre la décision de libération anticipée prise mardi par le Tribunal d'application des peines (TAP) de Mons, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Cette libération, ça nous touche beaucoup. Il faut se mettre à la place des parents et penser au calvaire que les fillettes ont subi", a expliqué Albert Ponassi, un sexagénaire proche de la famille d'une des victimes. Certains manifestants portaient des photos de Julie et Mélissa, les deux plus jeunes victimes de Marc Dutroux que Michelle Martin avait laissé mourir de faim dans une cave.

Le cortège s'est approché du monastère des soeurs clarisses qui doit accueillir Michelle Martin. Arrivé à proximité du couvent, des sifflets et des cris ont fusé: "Honteux, honteux! En prison, en prison!" "Honte à qui? A la justice!". Dès mardi, le parquet général de Mons avait introduit un pourvoi en cassation contre la décision du TAP.

"Non"

Quelques manifestants se sont attardés plus d'une heure en contrebas du monastère, dont le portail est barré d'un grand "Non" tagué cette semaine par des inconnus.

Michelle Martin, une ancienne institutrice âgée aujourd'hui de 52 ans, avait été reconnue coupable d'avoir séquestré plusieurs des jeunes victimes de Marc Dutroux et d'avoir laissé mourir de faim Julie Lejeune et Melissa Russo, âgées de huit ans, emmurées dans un cachot. Dutroux a été condamné à la perpétuité.

Dès mardi, le parquet général de Mons avait introduit un pourvoi en cassation contre la décision de remise en liberté. La plus haute juridiction du pays doit se prononcer avant la fin du mois, mais uniquement sur des questions de procédure. En attendant, l'ex-femme de Dutroux reste derrière les barreaux.

La décision du TAP, dénoncée par les familles des victimes, a relancé le débat sur le fonctionnement de ces tribunaux créés justement après l'affaire Dutroux.

Victimes pas consultées

Des magistrats et des responsables politiques ont demandé que les décisions de remise en liberté puissent faire l'objet d'un appel sur le fond, et que les victimes soient consultées durant la procédure, ce qui n'est pas le cas jusqu'à présent. Plusieurs partis ont réclamé l'instauration de peines incompressibles pour les crimes les plus graves.

Incarcérée depuis son arrestation en 1996, Michelle Martin a purgé 16 ans de prison, soit un peu plus de la moitié des 30 ans de réclusion auxquels elle a été condamnée.

Si Michelle Martin devrait mener une vie "discrète" au sein du monastère, selon son avocat, rien ne l'empêchera légalement d'en sortir, une perspective redoutée par les habitants du petit village, qui compte plusieurs écoles et crèches.