Manifestations: la police intervient violemment au Canada

La police a dispersé à coups de matraque et de grenades assourdissantes une manifestation de 2000 personnes mardi soir à Montréal.
06 août 2015, 09:37
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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2000 personnes ont été dispersées mardi soir à coups de matraque à Montréal par la police. Dans la journée, des dizaines de milliers de Montréalais avaient protesté sans incidents contre la récente "loi matraque" ayant réduit le droit de manifester.

Cette grande manifestation, organisée au centième jour du différend entre les étudiants grévistes et le gouvernement du Premier ministre Jean Charest, s'est déroulée dans une ambiance plutôt festive. Il y a cependant eu quelques incidents lors desquels trois vitrines de magasins ont été brisées à coups de projectiles.

Ils sont le fait d'un groupe qui n'a pas respecté l'itinéraire remis aux autorités. Il a été déclaré illégal et invité à se disperser. La police a indiqué n'avoir opéré aucune arrestation.

Pendant ce temps, les autres manifestants ont rejoint un parc où ils ont écouté des discours condamnant la hausse des droits de scolarité et la loi spéciale et appelant à l'union des étudiants avec le monde du travail. Puis, la pluie ayant succédé au soleil, ils ont commencé à se disperser.

Arrestations

En revanche, quelques heures plus tard les forces de l'ordre ont dispersé par la force une autre manifestation, la 29e marche nocturne quotidienne, rassemblant environ deux mille personnes autour des mêmes thèmes.

Une cinquantaine de personnes ont été arrêtées, a précisé la police, en majorité pour "attroupement illégal" et port de masques, désormais interdit. Auparavant, quelques bouteilles avaient été lancées vers les policiers casqués et porteurs de boucliers.

La loi spéciale votée vendredi dernier oblige les organisateurs de manifestations de plus de 50 personnes à soumettre à la police, au moins huit heures à l'avance, l'itinéraire du cortège, sous peine de lourdes amendes pour les contrevenants.

"La loi 78 n'empêche pas les manifestations, elle est là pour les encadrer", a déclaré le ministre québécois de la Sécurité publique, Robert Dutil. "En France, il faut un permis 20 jours à l'avance, à Londres un avis six jours à l'avance, à Genève 30 jours à l'avance", a commenté devant la presse M. Dutil.