Manifestations pro-barrage et anti-"zadistes" à Albi

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé samedi à Albi, chef-lieu du département du Tarn, dans le sud de la France, pour exiger le maintien du projet de barrage de Sivens et exprimer leur ras-le-bol des "zadistes". L'un d'eux est décédé récemment sur le site du barrage, provoquant une crise politique.
07 août 2015, 14:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Manifestation de ''zadistes'' en octobre à Paris.

Les participants étaient 2'200 selon la police, et 5'000 selon les organisateurs. Ils ont défilé dans Albi pendant près de trois heures avant de se disperser sans incident en fin d'après-midi.

Les agriculteurs du syndicat majoritaire FNSEA, rejoints par la Coordination rurale, ont obtenu le soutien de nombreux élus locaux, du PS à l'UMP, pour la première grande manifestation en faveur du projet de retenue d'eau, vivement contesté depuis des mois.

Les manifestants ont défilé derrière une banderole résumant leur revendication: "laissez-nous décider de l'avenir de nos terres".

Au-delà du soutien au projet de retenue de Sivens, destinée en particulier à alimenter en eau les exploitants agricoles de la vallée du Tescou, les organisateurs, syndicats agricoles et élus, ont fait de cette manifestation un plaidoyer "pour le respect des décisions des élus" et contre "les occupants illégaux" du site de Sivens, sur la commune de L'Isle-sur-Tarn.

Demande de respect

La manifestation avait lieu trois semaines après la mort du jeune écologiste Rémi Fraisse, 21 ans, tué par l'explosion d'une grenade offensive de la gendarmerie lors d'affrontements entre forces de l'ordre et "zadistes" sur le site de Sivens, à Lisle-sur-Tarn.

Le chantier est occupé par plus d'une centaine d'opposants au projet, en majorité des jeunes gens qui s'appellent eux-mêmes "zadistes" parce qu'ils y ont créé une "zone à défendre" (ZAD). Ils refusent de quitter les lieux tant que le projet de barrage-réservoir sur 34 hectares n'aura pas été abandonné.

Sur la principale place d'Albi, élus et responsables syndicaux ont contesté cette occupation illégale. "Il faut que l'Etat entende que les Tarnais veulent vivre au pays, être respectés et respecter tout le monde", a déclaré la maire de Lisle-sur-Tarn Marilyn Lherm.

"Avec les ''zadistes'', c'est très compliqué quand on empiète sur le domaine privé... Et puis il n'y a pas que des Tarnais" parmi eux, a-t-elle ajouté.