Marine Le Pen se dit judiciairement persécutée

La présidente du Front National, Marine Le Pen, s'est dit être la victime d'une "persécution judiciaire" à son arrivée mardi au tribunal de grande instance de Lyon.
20 oct. 2015, 14:04
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 17:50
Marine Le Pen a souligné la quasi-concomitance de ce renvoi en correctionnelle avec les élections régionales de décembre.

La présidente de l'extrême droite française Marine le Pen, jugée mardi pour avoir comparé les prières de rue des musulmans à l'occupation nazie de la France, a assuré n'avoir commis "aucune infraction". Elle s'exprimait juste avant l'ouverture de son premier procès pour provocation à la haine.

La dirigeante du Front national (FN) qui a fait exclure son père du parti au nom de ses dérapages verbaux répétés, encourt une peine pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 45'000 euros d'amende.

A son arrivée devant le tribunal de Lyon, à l'ouest de la France, elle a accusé le pouvoir socialiste d'être responsable de sa comparution : "il ne vous étonne pas ce calendrier? Nous sommes à un mois d'une élection régionale alors que cette affaire a cinq ans !".

Marine Le Pen, qui dirige la liste FN dans le nord de la France pour les élections régionales de décembre, est donnée favorite par plusieurs sondages. Elle est jugée pour des propos qui remontent à 2010, lorsqu'elle faisait campagne pour succéder à son père Jean-Marie, chef de file historique de l'extrême droite française, à la tête du FN.

Pendant une réunion publique devant des militants à Lyon, elle avait comparé les "prières de rue" de musulmans dépourvus de mosquées en nombre suffisant en France à l'occupation nazie de ce pays entre 1940 et 1944.

Marine Le Pen persiste et signe

"Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Deuxième guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler pour le coup, parce que ça, c'est une occupation du territoire", avait-elle déclaré sous les applaudissements.

"C'est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s'applique, c'est une occupation. Certes, il n'y a pas de blindés, pas de soldats, mais c'est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants", avait-elle insisté.

Mardi, elle a défendu ses propos. "Les prières de rue sont une illégalité", a-t-elle fait valoir en arrivant au tribunal. "C'est une manière d'accaparer (...) un territoire pour y imposer une loi religieuse. Je suis dans mon droit comme responsable politique d'évoquer un sujet fondamental. C'est même un devoir".

Déjà impliquée dans des procès pour diffamation, la dirigeante de l'extrême droite n'avait jamais été poursuivie jusqu'à présent pour provocation à la haine, contrairement à son père, condamné à de multiples reprises pour des propos racistes ou antisémites.