Mort du président Malam Bacai Sanha à l'hôpital à Paris

Le président bissau-guinéen Malam Bacai Sanha est mort aujourd'hui à Paris où il avait été hospitalisé avant Noël pour une maladie inconnue dont il souffrait depuis plusieurs années. Ce décès risque d'accroître l'instabilité chronique du pays.
04 août 2015, 01:41
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39

Le président bissau-guinéen est mort à l'hôpital du Val de Grâce à Paris, a précisé une source gouvernementale française. Agé de 64 ans, le chef de l'Etat bissau guinéen avait été  hospitalisé dans cet hôpital militaire, juste avant Noël, a ajouté cette source précisant qu'il était «dans le coma depuis longtemps».

Bissau a confirmé dans un communiqué le décès de son président.

Opposition inquiète

La nature de sa maladie n'a jamais été rendue publique en Guinée Bissau. En décembre, la présidence de ce pays avait démenti la mort de Malam Bacai Sanha annoncée par un journal sénégalais, mais son épouse, Mariam Sanha, avait indiqué qu'il se trouvait dans un «état  critique».

La présidence à Bissau avait alors appelé la population au calme et promis de continuer à donner des informations sur la santé du chef de l'Etat. Elle avait précisé que son état de santé s'améliorait et continuait d'évoluer positivement après un coma artificiel dans lequel il avait été placé. Malam Bacai Sanha, élu en  2009, avait été hospitalisé à Dakar et Paris à de nombreuses reprises.

L'opposition bissau-guinéenne avait demandé un débat ouvert sur son état de santé, s'inquiétant des répercussions que pourrait avoir sa disparition dans un pays où les trois précédents présidents ne sont pas arrivés au bout de leur mandat de cinq ans, qu'ils aient été chassés ou tués.

Election dans les 90 jours

Le président de l'Assemblée nationale, Raimundo Pereira, un responsable du parti au pouvoir, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-vert (PAIGC) doit assurer  l'intérim du chef de l'Etat, selon la constitution bissau-guinéenne. Il devra, selon ce texte, organiser une nouvelle élection présidentielle dans les 90 jours.

La Guinée-Bissau, petit pays lusophone d'Afrique de l'Ouest, connaît une instabilité chronique depuis son indépendance du Portugal en 1974, marquée par des coups d'Etat et des violences dans lesquelles l'armée a joué un rôle prépondérant.

Le dernier soubresaut date du 26 décembre lorsqu'une attaque contre des objectifs militaires a été présentée par le gouvernement comme une tentative de coup d'Etat. L'armée avait annoncé la mise en échec de l'assaut et l'arrestation de plusieurs officiers. Un membre  des forces de sécurité avait été tué et trois blessés dans les échanges de tirs.

Le pays est en outre devenu un point de passage de la cocaïne en provenance d'Amérique du Sud à destination de l'Europe, ce qui accroît l'instabilité.