Moscou: plus de 1000 personnes manifestent contre l'avortement

Plus de 1000 personnes se sont rassemblées dimanche à Moscou afin de réclamer l'interdiction de l'avortement. La Russie fait face à une influence grandissante des valeurs conservatrices.
23 oct. 2016, 20:01
/ Màj. le 23 oct. 2016 à 20:13
Plus de 1000 personnes se sont rassemblées dimanche à Moscou pour réclamer l'interdiction de l'avortement.

Plus de 1000 personnes se sont rassemblées dimanche à Moscou. Elles réclamaient l'interdiction de l'avortement, dans un contexte d'influence grandissante des valeurs conservatrices en Russie, a constaté un journaliste de l'AFP.

Rassemblés à la mi-journée sur une place dans le nord de la capitale russe, les manifestants, accompagnés de nombreux enfants, brandissaient des drapeaux "Pour une vie sans avortement", des pancartes "La Russie n'est pas infanticide" et des photos de nouveau-nés. Ils collectaient des signatures pour une pétition contre l'avortement déjà signée en septembre par le patriarche de l'Eglise orthodoxe Kirill et plusieurs autres personnalités.

"Nous avons une génération qui ne comprend pas que l'avortement, ce n'est pas simplement une opération chirurgicale, mais un meurtre", a déploré Marina, une manifestante qui a refusé de donner son nom de famille.

L'avortement est légal depuis l'époque soviétique et est très répandu en Russie. Selon les statistiques officielles, le nombre des avortements légaux pratiqués en 2014 était proche du million, mais, selon les experts, il est bien plus élevé.

Proposition de loi

Depuis le retour au Kremlin de Vladimir Poutine en 2012, les autorités russes se font le chantre des valeurs conservatrices défendues par la puissante Eglise orthodoxe face à une supposée perte des valeurs en Occident. Ce phénomène intervient après la très grande libéralisation des moeurs ayant suivi la chute de l'URSS.

Une députée conservatrice, Elena Mizoulina, a par exemple déposé l'an dernier une proposition de loi qui aurait interdit les avortements dans les cliniques privées et les aurait limités aux établissements publics à condition de risques avérés pour la vie de la femme enceinte. Le texte a cependant été rejeté, la présidente de la chambre haute du Parlement Valentina Matvienko l'ayant qualifié d'"extrémiste".