Moubarak et les Frères musulmans jugés dimanche

Le procès des trois principaux chefs des Frères Musulmans, partisans de l'ancien président Mohamed Morsi, débute dimanche. Ils sont jugés pour "incitation au meurtre". En même temps aura lieu la reprise du jugement de Hosni Moubarak, accusé de "complicité de meurtre" de manifestants en 2011.
07 août 2015, 11:42
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'ex-président d'Egypte, Hosni Moubarak

Ces audiences ont lieu en plein chaos politique en Egypte, où le nouveau pouvoir dirigé de facto par l'armée réprime dans un bain de sang depuis 10 jours les manifestations organisées par les Frères musulmans. Les militaires ont destitué et arrêté M. Morsi le 3 juillet.

Près de 1000 personnes ont été tuées, essentiellement des pro-Morsi, et les principaux cadres des Frères ont été arrêtés, en plus de 2000 partisans du président islamiste. Une centaine de policiers et de soldats ont également trouvé la mort, dans les pires violences qu'a connues l'Egypte dans son histoire récente.

Le guide suprême des Frères musulmans a également été interpellé dans le cadre de cette vague d'arrestations. Le procès de Mohamed Badie, avec ses deux adjoints, Khairat al-Chater - considéré comme le véritable homme fort de la confrérie - et Rachad Bayoumi, débute dimanche. Les trois hommes sont accusés d'«incitation au meurtre» de manifestants anti-Morsi le 30 juin.

Ils risquent la peine capitale

Ce jour-là, des millions d'Egyptiens avaient manifesté pour réclamer le départ du président islamiste, le premier chef de l'Etat élu démocratiquement en Egypte. Une mobilisation instrumentalisée par l'armée pour renverser et arrêter M. Morsi trois jours après.

Au cours du même procès, trois autres cadres des Frères musulmans comparaissent pour le «meurtre» de manifestants anti-Morsi le 30 juin. Vingt-neuf autres personnes sont jugées pour avoir participé directement aux violences ce jour-là. Les six cadres de la confrérie encourent la peine capitale.

Ce procès des trois principales figures de l'exécutif de la confrérie, qui avait remporté les législatives de 2012 un an après la chute de M. Moubarak, pourrait remettre de l'huile sur le feu. Mais le mouvement semble ne plus être en mesure de mobiliser, tant ses principaux activistes ont été décimés et ses dirigeants emprisonnés ces derniers jours.

Le couvre-feu imposé au Caire et dans treize provinces égyptiennes en raison des violences a d'ailleurs été raccourci de deux heures, sauf le vendredi, a annoncé samedi le gouvernement.

Présence de Moubarak incertaine

Quant à M. Moubarak, personne ne sait si l'ex-«raïs», à la santé vacillante, comparaîtra ou non dimanche. Âgé de 85 ans, il avait été condamné en juin 2012 en première instance à la prison à perpétuité pour «complicité» dans le meurtre de manifestants, lors de la révolte populaire qui l'a renversé en février 2011 après plus de 30 ans au pouvoir.

Il avait fait appel, et la Cour de cassation avait ordonné un nouveau procès, suspendu depuis le 11 mai. M. Moubarak encourt la peine capitale. Placé en liberté conditionnelle dans quatre affaires, dont ces meurtres et des cas de corruption, il a quitté sa prison jeudi pour être assigné dans un hôpital militaire du Caire.