Négociations cruciales sur le nucléaire iranien

Sous la pression des Occidentaux, Moscou pourrait hausser le ton à l'égard de son allié iranien.
06 août 2015, 10:01
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les discussions entre russes et iraniens sur le nucléaire pourraient s'élever d'un ton.

Les grandes puissances reprennent lundi à Moscou  des négociations cruciales de deux jours avec l'Iran, dans l'espoir que l'imminence d'un embargo pétrolier et les pressions de la Russie convaincront Téhéran de céder sur son programme nucléaire.

Des diplomates du Groupe des «5+1» (les cinq membres du Conseil  de sécurité de l'ONU - Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume- Uni - plus l'Allemagne) et de l'Iran se retrouvent au ministère russe des Affaires étrangères pour des pourparlers qui débuteront à  08h00 sous la direction du chef de la diplomatie européenne,  Catherine Ashton.

Ces négociations se tiennent à deux semaines de l'entrée en  vigueur d'un embargo pétrolier de l'Union européenne, et du renforcement de celles des Etats-Unis par des restrictions à l'égard de pays achetant du pétrole iranien.
Après deux cycles de négociations à Istanbul en avril, puis en mai à Bagdad, les parties s'étaient séparées sur un constat de divergences, notamment sur l'activité très sensible de l'enrichissement d'uranium à 20% rapprochant l'Iran du niveau d'enrichissement nécessaire à la fabrication de la bombe atomique  (90%).

«Il y a des raisons de penser que le prochain pas sera effectué à Moscou», a déclaré vendredi le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Echange proposé

Un responsable occidental a déclaré dimanche à Moscou que la communauté internationale était «prête à prendre des mesures réciproques en échange de mesures vérifiables de la part de l'Iran», mais a souligné que les 5+1 étaient «extrêmement unis dans leur stratégie et leurs propositions».

Le groupe demande à l'Iran d'arrêter l'enrichissement d'uranium à  20% et d'échanger son stock d'uranium enrichi à 20% contre du  combustible nucléaire dont il a besoin. En contrepartie, les 5+1 proposent un allègement des sanctions internationales ainsi qu'une coopération dans plusieurs domaines nucléaires civils.
Pressé depuis des mois par les Occidentaux qui attendent des propositions concrètes, l'Iran risque de voir son allié russe hausser le ton en cas de nouvelle impasse à l'issue des pourparlers à Moscou, estiment des analystes.

Un échec pourrait être lourd de conséquences dans la mesure où  les Etats-Unis et Israël ont recommencé à agiter l'éventualité d'une option militaire pour bloquer le programme nucléaire iranien si la diplomatie échouait.