Nicolas Sarkozy échappe à la mise en examen

L'ex-homme fort du parti, Nicolas Sarkozy, a échappé à la mise en examen dans l'enquête sur le financement de sa campagne de 2007. Copé et Fillon ont eux accepté une médiation d'Alain Juppé.
06 août 2015, 15:11
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
sarkozy

Nicolas Sarkozy a échappé  à une mise en examen après une audition-fleuve de douze heures à Bordeaux dans l'enquête sur la fortune de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt.

"Il a le statut de témoin assisté", a dit son avocat, Me Thierry Herzog, sans souhaiter faire d'autre commentaire. Le parquet a confirmé cette information. Le statut de témoin assisté, hybride entre témoin simple et mis en examen, signifie que Nicolas Sarkozy ne sera pas renvoyé devant le tribunal en fin d'information, s'il est maintenu d'ici là.
 
L'ex-président nie toute malversation dans le dossier, qui a mis au jour de nombreux abus de la fortune de la milliardaire et permis de découvrir des retraits en espèces de quatre millions d'euros sur ses comptes suisses en 2007-2009. Ces retraits pourraient avoir servi à financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
 
Une mise en examen compromettrait un retour à court terme de l'ancien dirigeant dans la vie politique s'il en avait l'envie. Depuis sa défaite à la présidentielle en mai, il est resté muet sur ses intentions mais reste de loin le candidat préféré des sympathisants de droite pour l'élection de 2017.
 
Copé et Fillon acceptent la médiation d'Alain Juppé
 
Après 4 jours de chaos, Jean-François Copé et François Fillon ont accepté jeudi soir la médiation d'Alain Juppé pour régler leur contentieux sur les résultats de l'élection à la présidence de l'UMP. L'ex-homme fort du parti, Nicolas Sarkozy, a lui échappé à la mise en exemen dans l'enquête sur le financement de sa campagne de 2007.
 
L'ancien Premier ministre a annoncé qu'une commission de cinq membres livrerait ses conclusions "sous quinze jours". Il a précisé qu'il rencontrerait les deux rivaux dès la fin de la semaine pour arrêter les modalités de travail de la commission qu'il présidera.
 
François Fillon, qui conteste la victoire du député-maire de Meaux avec 98 voix d'écart, s'est aussitôt félicité que cette médiation "ait été acceptée par tous". Il "fait désormais toute confiance à cette instance et se pliera naturellement à sa décision", dit un communiqué.
 
Accusations et menaces
 
Cette mission de bons offices pour tenter de sortir le principal parti d'opposition de la crise a été longue à se dessiner jeudi, dans un climat d'accusations de fraude et de menaces de plaintes.
 
François Fillon, qui avait menacé de contester en justice la victoire de son rival, proclamée lundi par la commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales, avait accepté d'emblée l'offre d'Alain Juppé de présider une instance collégiale.
 
Mais Jean-François Copé avait fait savoir qu'il accepterait de se soumettre au verdict d'Alain Juppé à la condition que la commission nationale des recours de l'UMP, qu'il a saisie et qui est présidée par un de ses proches, se soit d'abord prononcée sur les contestations des résultats. Ce préalable avait été aussitôt rejeté par l'entourage de François Fillon.
 
Fillon renonce a être président
 
L'ancien Premier ministre revendique la victoire avec 26 voix d'avance après l'omission, selon lui, de 1.304 suffrages outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte). Il a annoncé mercredi soir qu'il renonçait à la présidence mais qu'il saisirait les tribunaux en cas d'impasse.
 
"Le comportement de François Fillon, c'est l'histoire d'un mauvais perdant qui vient donner des leçons de morale sans se les appliquer à lui-même", a lâché le député-maire de Meaux.
 
La Cocoe donne raison à Fillon
 
François Fillon a coupé court dès mercredi aux inquiétudes sur une scission du principal parti d'opposition.
 
"Je ne quitterai pas l'UMP qui est ma famille, et dont une majorité de militants m'a accordé sa confiance dimanche dernier. Je suis déterminé: comment peut-on accepter que le fonctionnement de l'UMP soit entaché d'une irrégularité aussi grave?", écrit-il dans un message aux militants.
 
La commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe) a reconnu officiellement jeudi que l'addition des résultats de Mayotte, Wallis-et-Futuna et de Nouvelle-Calédonie "aboutirait vraisemblablement à une inversion des résultats d'une vingtaine de voix" en sa faveur.