Norvège: Breivik se plaint des ses conditions de détention "contraires aux droits de l'homme"

Anders Behring Breivik, condamné pour le meurtre de 77 personnes le 22 juillet 2011 en Norvège, s'est plaint de ses conditions de détention qu'il qualifie de "contraires aux droits de l'homme".
06 août 2015, 15:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Anders Behring Breivik, l'extrémiste de droite de 33 ans, condamné pour le meurtre de 77 personnes le 22 juillet 2011 en Norvège, a envoyé une lettre aux autorités pénitentiaires.

Il fustige le régime carcéral de très haute sécurité à laquelle il est soumis depuis plus d'un an et les restrictions encadrant sa correspondance.
 
Selon l'avocat Tord Jordet, Breivik est en pratique privé d'accès à un ordinateur qui lui avait été fourni - sans accès à internet - pendant sa détention provisoire et les courriers qu'il reçoit et envoie sont censurés dès qu'ils abordent un thème politique.
 
"Sa liberté d'expression est violée", déclare Tord Jordet. "Etre privé d'une telle liberté d'expression est contraire à la Constitution et aux droits de l'homme", a-t-il dit.
 
Maintenu à l'écart des autres détenus depuis son arrestation, Breivik a aussi déploré le régime de très haute sécurité qui prévoit des fouilles quotidiennes de sa cellule et corporelles et qui le prive, selon lui, d'"activités récréatives et sociales". "Un tel traitement en prison n'est pas humain", a estimé l'avocat.
 
Pas d'accès à l'ordinateur
 
Condamné le 24 août dernier à 21 ans de prison, peine maximale qui peut par la suite être prolongée, Breivik devrait passer l'essentiel de sa détention dans le centre pénitentiaire d'Ila, près d'Oslo.
 
En théorie, en plus de sa cellule individuelle, il y dispose de deux autres cellules, l'une consacrée aux exercices physiques et l'autre faisant office d'espace de travail avec un ordinateur.
 
Leurs accès est toutefois contrôlé par les autorités pénitentiaires qui, selon Tord Jordet, n'ont pas donné suite à ses demandes d'utiliser l'ordinateur ces dernières semaines.
 
Le 22 juillet 2011, reprochant à ses cibles de faire le lit du multiculturalisme, Breivik avait tué 77 personnes, en faisant d'abord exploser une bombe près du siège du gouvernement de centre-gauche puis en ouvrant le feu sur un rassemblement de la Jeunesse travailliste sur l'île d'Utoeya.