Obama et Netanyahu parlent du processus de paix à Washington

Barack Obama et Benjamin Netanyahu se sont rencontrés lundi à Washington pour parler du processus de paix au Proche-Orient.
07 août 2015, 13:26
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Barack Obama et Benjamin Netanyahu se sont entretenus lundi à Washington.

Barack Obama a appelé Benjamin Netanyahu à prendre des décisions "difficiles" pour la paix au Proche-Orient. Le Premier ministre israélien lui a répondu que les Palestiniens n'avaient pas rempli leurs obligations dans ce processus. Les deux dirigeants se sont rencontrés lundi à Washington.

Relancées l'été dernier à l'initiative des Etats-Unis, les négociations directes entre Palestiniens et Israéliens ont été relancées à l'initiative des Etats-Unis. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a fixé au 29 avril la date butoir pour la conclusion d'un accord de paix.

MM. Obama et Netanyahu se sont exprimés face à la presse peu avant une réunion dans le Bureau ovale de la Maison Blanche. Le président américain a déclaré à son homologue: "il va falloir prendre certaines décisions difficiles". Il a ajouté qu'il serait de plus en plus compliqué de protéger son allié israélien contre les efforts visant à l'isoler à l'international si les pourparlers échouaient.

Le dirigeant israélien a estimé que les Palestiniens n'avaient pas fait le nécessaire. "Pour l'instant, Israël a démantelé" des colonies et relâché des centaines de "terroristes" palestiniens, a remarqué M. Netanyahu. "Israël a fait ce qu'il devait, et je suis désolé de le dire, mais les Palestiniens n'ont pas fait de même", a-t-il poursuivi.

Dossier nucléaire

Avant d'évoquer les négociations de paix, M. Netanyahu a parlé d'emblée de l'Iran. Il a affirmé à son interlocuteur que le dossier nucléaire de la république islamique représentait le défi "le plus important" auquel leurs deux pays étaient confrontés.

"Le plus important défi, sans aucun doute, est d'empêcher l'Iran de se doter de la capacité d'élaborer des armes nucléaires", a assuré le dirigeant. Il a appelé à démanteler totalement les installations nucléaires de Téhéran. Barack Obama a assuré de son "engagement absolu" à empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique, malgré le scepticisme israélien face aux efforts de Washington.

M. Netanyahu exprime depuis des mois son inquiétude vis-à-vis de la tournure des pourparlers entre les grandes puissances et l'Iran après qu'un accord intérimaire eut été trouvé en novembre à Genève sur le programme nucléaire de la république islamique.

Un "accord-cadre"

Mobilisé pendant le week-end par l'intervention russe en Ukraine, l'une des pires crises de politique étrangère qu'il ait dû gérer, M. Obama s'est retrouvé avec M. Netanyahu en terrain plus balisé. Toutefois le dossier israélo-palestinien lui résiste depuis son arrivée au pouvoir il y a cinq ans.

Les pourparlers de paix sont censés déboucher d'ici au 29 avril sur un "accord-cadre". Celui-ci devrait tracer les grandes lignes d'un règlement définitif sur les questions dites de "statut final": les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.

Mais les discussions n'ont pas enregistré d'avancées concrètes et le secrétaire d'Etat John Kerry a fait savoir que les discussions se poursuivraient probablement au-delà de la date butoir.

500'000 colons juifs

Le nombre de mises en chantier de logements dans les colonies juives de Cisjordanie occupée a plus que doublé en 2013 par rapport à 2012. Il est passé de 1133 à 2534, selon des statistiques israéliennes publiées lundi. Quelque 500'000 colons vivent sur des terres occupées depuis la guerre de 1967, dont Israël entend conserver une partie dans le cadre d'un éventuel accord avec les Palestiniens.

Le président américain a récemment déploré "une construction dans les colonies plus agressive ces deux dernières années que depuis très longtemps".

Le négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat, a salué les déclarations de M. Obama, qualifiant d'"illusion" l'idée selon laquelle la colonisation améliorerait la sécurité d'Israël. "Netanyahu doit le comprendre. C'est la vérité", a affirmé M. Erakat, par ailleurs attendu à Washington mardi.

Deux semaines après M. Netanyahu, M. Obama recevra le président palestinien Mahmoud Abbas. Les Palestiniens ont manifesté leur hostilité à un accord-cadre qui inclurait "l'exigence d'une reconnaissance de la judéité de l'Etat d'Israël comme Etat-nation juif", élément cardinal d'un accord de paix pour M. Netanyahu.