Oscar Pistorius ira-t-il en prison? Son procès reprend ce lundi à Pretoria

Le procès d'Oscar Pistorius reprend ce lundi à Pretoria. La défense du champion paralympique sud-africain tentera d'arracher la peine la plus légère possible.
07 août 2015, 14:19
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Reconnu non coupable de meurtre mais coupable d'homicide involontaire pour avoir abattu sa petite amie en 2013, il revient lundi au tribunal à Pretoria où sa défense va tenter d'arracher la peine la plus légère possible.

Oscar Pistorius ira-t-il en prison ? Reconnu non coupable de meurtre mais coupable d'homicide involontaire pour avoir abattu sa petite amie en 2013, il revient lundi au tribunal à Pretoria où sa défense va tenter d'arracher la peine la plus légère possible.

Le champion paralympique sud-africain a passé huit jours en détention dans un commissariat suite au drame du 14 février 2013. Il est depuis en liberté sous caution. La juge, Mme Thokozile Masipa, pourrait mettre sa décision en délibéré et ne pas se prononcer immédiatement.

Lundi matin, le premier témoin appelé à la barre a été la psychologue Lore Hartzenberg, citée par la défense. Oscar Pistorius, en costume sombre et cravate noir, s'est installé calmement dans son box. Son manager Pete van Zyl et son coach Ampie Louw avaient pris place dans la salle aux côtés de son père Henke et de son oncle Carl.

Homicide involontaire non sanctionné

Incarcération, prison avec sursis, arrêts domiciliaires, simple amende: toute la gamme des sanctions est envisageable, et M. Pistorius a peut-être une chance de ne pas être emprisonné du tout. Le code pénal sud-africain ne prévoit aucune peine automatique pour homicide involontaire.

Selon la jurisprudence, d'autres facteurs pourraient interférer: les remords exprimés par l'athlète âgé de 27 ans, son casier judiciaire vierge, la nécessité ou non de le maintenir derrière des barreaux pour protéger d'autres vies humaines.

La juge pourrait aussi entendre la famille de Reeva Steenkamp, la jeune mannequin tuée, si elle vient témoigner, comme c'est la pratique avant la sentence en Afrique du Sud. Interrogé sur ce point par l'AFP, le parquet n'a pas souhaité confirmer ni démentir.

Pas coupable

Dans un verdict choc rendu le 12 septembre qui a surpris une partie du monde judiciaire sud-africain et profondément meurtri les Steenkamp, la juge a conclu que M. Pistorius n'était pas coupable de meurtre mais d'imprudence.

Le jeune homme encourait la perpétuité. Double amputé et équipé de prothèses pour courir, il a toujours affirmé avoir ouvert le feu par erreur sur la porte fermée des toilettes pour neutraliser un individu qu'il avait pris pour un cambrioleur.

Le parquet pourrait faire appel mais dans l'immédiat, la juge a considéré qu'il n'avait pas apporté durant le procès - retransmis à la télévision - la démonstration que le sportif avait une intention homicide.

Travers du système pénal

Bien qu'elle l'ait trouvé peu sincère et incohérent à la barre, lui reprochant de calibrer ses réponses pour sauver sa tête, Mme Thokozile Masipa a laissé à M. Pistorius le bénéfice du doute.

Motif de gloire nationale pendant des années en Afrique en Sud, alliant le glamour d'un sourire de séducteur à une réussite sportive hors norme, le nom d'Oscar Pistorius est désormais associé aux travers du système pénal de son pays.

Personne ne conteste que la juge ait eu raison d'écarter la préméditation. En revanche, nombreux sont ceux qui refusent d'admettre que le sportif n'ait pas mesuré les conséquences de son geste et la possibilité de tuer, sinon Reeva, du moins le cambrioleur qu'il croyait affronter, en tirant quatre fois à balles expansives.