OSCE: pas de consensus trouvé sur la crise ukrainienne

Le Conseil ministériel de l'OSCE s'est terminé vendredi à Bâle par l'adoption d'une vingtaine de résolutions et de déclarations. Mais pas sur la crise ukrainienne, qui a largement accaparé l'attention. Malgré la présence des poids lourds de la diplomatie mondiale, aucun consensus n'a pu être trouvé.
07 août 2015, 14:31
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Didier Burkhalter était à Bâle aujourd'hui pour le 21ème conseil ministériel de l'OSCE

"Il y a eu de nombreuses conversations, certaines assez tendues, mais la recherche d'un terrain de discussions a toujours prévalu", a souligné Didier Burkhalter, président sortant de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) lors de son allocution de clôture vendredi après-midi. "Il reste de grandes différences dans l'analyse de la crise", a-t-il ajouté.

Et c’est bien là que le bât blesse. La Russie d’un côté, l’Ukraine et ses alliés occidentaux de l’autre, tous ont campé sur leurs positions respectives jusque dans leurs dernières déclarations. Accusée par presque tous les autres pays d’être l’agresseur dans le conflit ukrainien, la Russie n’a pas bronché.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a répété que Moscou cherchait uniquement la désescalade et souhaitait aussi la mise en oeuvre pleine et entière des accords de Minsk sur un cessez-le-feu dans l'Est ukrainien. Il a accusé les Etats-Unis et ses alliés de tenter de rejeter la faute sur la Russie. "C'est une erreur, cela ne marchera pas", a-t-il martelé.

Pavlo Klimkine, chef de la diplomatie ukrainienne, a pour sa part accusé Moscou d’avoir fait échouer une déclaration commune sur l’Ukraine. Lors d'un point de presse improvisé vendredi matin, il s'est toutefois réjoui du large soutien et de la solidarité perçus lors de la rencontre de Bâle.

Propositions suisse acceptées

Avec 1300 délégués - dont 53 ministres des Affaires étrangères pour 57 pays membres - qui ont fait le déplacement à Bâle, jamais aucun Conseil ministériel de l’OSCE n'avait réuni autant de représentants. L’Américain John Kerry, ses homologues russe Sergueï Lavrov et allemand Frank-Walter Steinmeier se sont montrés très actifs et ont multiplié les rencontres bilatérales. Sergueï Lavrov a même révélé qu’il avait enchaîné une vingtaine de tête-à-tête pendant sept heures jeudi.

"C’était un Conseil exceptionnel ", tout le contraire de «business as usual», a relevé Didier Burkhalter. Partisan du verre à moitié plein, le président de la Confédération s’est félicité du soutien que le Conseil a apporté à plusieurs initiatives pour renforcer la continuité et améliorer l’efficacité de l’organisation.

La Suisse a ainsi réussi à faire accepter la création d'un panel de personnalités de haut niveau sur l'OSCE du futur. Ce "Conseil des sages" indépendant réfléchira à l'amélioration des moyens d'action de l'organisation. Le diplomate allemand Wolfgang Ischinger présidera ce groupe, qui doit encore être constitué.

Louange pour Didier Burkhalter

S’il est un sujet qui a fait l’unanimité au Conseil ministériel de l’OSCE à Bâle, c’est la qualité du travail de la présidence suisse cette année. Une véritable pluie d'éloge s'est abattue sur Didier Burkhalter et la Suisse, sans aucune note discordante.

L'un après l'autre, et lors de chaque intervention, les ministres ont remercié la Suisse pour son accueil à Bâle, mais surtout pour l'"excellent travail" de Didier Burkhalter et de son équipe à la tête de l'OSCE. L'ambassadrice Heidi Tagliavini, envoyée spéciale de l'OSCE pour l'Ukraine, et Thomas Greminger, représentant permanent de la Suisse auprès de l'organisation, ont été cités à plusieurs reprises.

Même Sergueï Lavrov, pourtant en désaccord avec la plupart de ses homologues, a souligné le bon travail de la Suisse à la présidence de l'OSCE. Une présidence "qui a tout fait" pour trouver des solutions dans la crise ukrainienne, a-t-il dit.

Interrogé jeudi sur ce concert de louanges, le président de la Confédération a répondu: "Bien sur que ça me fait plaisir. Nous avons beaucoup travaillé pour cela pendant cette année. Mais ce qui compte, c'est que ce travail donne des résultats. Et la situation est toujours assez fragile."