Parole à la défense de l'entraîneur de natation

La culpabilité de l'ex-entraîneur de natation a été reconnue ce jeudi par son avocate alors que celui-ci la minimisait jusque-là. Elle demande une peine de 5 ans de prison pour son client.
07 août 2015, 11:39
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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L'avocate de l'ex-cadre de la natation suisse a demandé jeudi dans sa plaidoirie que la condamnation de son client n'excède pas cinq ou six ans de prison pour actes sexuels avec des adolescents et des personnes incapables de discernement ou de résistance, a indiqué Maria Galliani. La Cour d'assises de Lugano (TI) rendra son jugement vendredi.

Ce Tessinois aujourd'hui âgé de 71 ans est accusé de près de 400 délits sexuels commis entre 1998 et 2007 sur plus d'une quinzaine de mineurs. Pendant son procès, qui a débuté lundi, Flavio Bomio a reconnu les faits, sans en admettre vraiment la gravité. Il conteste en particulier avoir exercé la moindre pression sur ses victimes.

Son avocate a demandé aux juges d'enlever de l'acte d'accusation la contrainte sexuelle ainsi que certains actes sexuels "qui n'en sont pas", a-t-elle expliqué.

Grosses fautes, pas de regrets

Mercredi, le Ministère public tessinois a lui requis quatorze ans de réclusion contre l'accusé. Celui-ci s'est rendu coupable de grosses fautes, mais ne montre guère de signes de regrets, a argumenté le procureur Amos Pagnamenta. Au contraire, il a toujours cherché à se justifier.

Les premières contraintes sexuelles commises par l'ancien entraîneur de l'équipe suisse de natation, dont il avait conduit la délégation aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, remontent à plus de 45 ans, selon l'accusation. Ceux pour lesquels il comparaît n'en représentent qu''une partie, les autres étant frappés par la prescription. Flavio Bomio a tenu la liste de ses "conquêtes", un document qui contient plus de quarante noms, a relevé le procureur.

En tant que président du Club de natation de Bellinzone, l'ex-entraîneur a eu beau jeu, estime le Ministère public. Selon lui, Flavio Bomio profitait consciemment de son autorité, de sa réputation, de son influence et de l'attachement des enfants au club.