Pas de fondement légal au transfert des militants Greenpeace

Greenpeace a exprimé mercredi sa perplexité face au transfert à Saint-Pétersbourg des trente membres de l'équipage de son navire. Ils sont incarcérés depuis septembre après une action dans l'Arctique.
07 août 2015, 12:01
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
In this image released by environmental organization Greenpeace, a Russian Coast guard officer, right,  points a gun at a Greenpeace International activist, left in yellow uniform, as five activists attempt to climb the Prirazlomnaya, an oil platform operated by Russian state-owned energy giant Gazprom platform in Russia's Pechora Sea, a section of the Barents Sea, Wednesday, Sept. 18, 2013. Greenpeace said two of its activists have been arrested after climbing onto the oil platform in Russia's Arctic waters. The group claims warning shots were fired across the organization's ship.  (AP Photo/Greenpeace, Denis  Sinyakov)  NO RESALE, NO ARCHIVE

"Nous n'avons trouvé aucun fondement légal pour le transfert de nos clients à une distance d'environ 1500 km" de Mourmansk (nord-ouest), lieu de leur détention initiale, a déclaré un avocat de l'ONG écologiste, Andreï Soutchkov, lors d'une conférence de presse à Saint-Pétersbourg.

Le Comité d'enquête russe a affirmé début novembre que les 30 détenus relevaient de la juridiction de Saint-Pétersbourg, en expliquant leur transfert dans cette ville.

L'avocat a de son côté estimé que cette affaire relevait du droit international et qu'elle devait "être examinée dans un tribunal international".

Demande de libération examinée

Actuellement, le tribunal international du droit de la mer, qui siège à Hambourg, en Allemagne, examine la demande de faire libérer l'équipage de l'Arctic Sunrise et doit rendre sa décision le 22 novembre.

Cette juridiction des Nations unies compétente pour régler les litiges maritimes avait été saisie par les Pays-Bas car l'Arctic Sunrise bat pavillon néerlandais.

"Nous n'avons pas vu nos clients après leur transfert à Saint-Pétersbourg. Mais avant le départ de Mourmansk, ils étaient en bonne santé", a ajouté M. Soutchkov.

A nouveau incarcérés

Les trente membres de l'équipage de l'Arctic Sunrise de Greenpeace, arrêtés en septembre au moment de l'arraisonnement musclé de leur bateau par un commando héliporté des garde-côtes russes, ont été transférés mardi de Mourmansk à Saint-Pétersbourg en wagon spécial et à nouveau incarcérés.

Les membres d'équipage, dont 26 ne sont pas Russes, avaient initialement été placés en détention provisoire à Mourmansk, ville principale de la région, après que certains d'entre eux ont procédé à une action sur une plate-forme de Gazprom en mer de Barents.

Ces militants, qui voulaient dénoncer les risques écologiques liés à l'extraction du pétrole dans cette zone aux écosystèmes fragiles, doivent désormais répondre des accusations de "piraterie" (un crime passible de 15 ans d'emprisonnement) et de "hooliganisme" (passible de sept ans).

La première accusation devait être abandonnée pour laisser place à la seconde mais les deux accusations sont toujours en vigueur, selon Greenpeace.