Péninsule coréenne: brefs échanges de tirs dans la zone démilitarisée

La zone démilitarisée (DMZ) intercoréenne a été le théâtre dimanche de brefs échanges de tirs entre des gardes-frontières sud-coréens et une patrouille nord-coréenne. L'accrochage n'a fait aucune victime.
07 août 2015, 14:21
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
En dépit de son nom, la DMZ est probablement la frontière la plus militarisée au monde.

Les deux Corée ont brièvement échangé des tirs dimanche dans la zone démilitarisée (DMZ) intercoréenne, a annoncé le ministère sud-coréen de la Défense. Il s'agit du deuxième incident de cette nature en moins d'un mois le long de la frontière terrestre entre les deux Etats rivaux. Aucune victime n'a été signalée.

Selon un responsable du ministère sud-coréen de la Défense, ces tirs se sont produits lorsque des gardes-frontières sud-coréens ont repéré une patrouille militaire nord-coréenne qui s'approchait de la ligne de démarcation militaire au milieu de la DMZ.

"Des avertissements ont été lancés oralement par haut-parleur et puis des tirs de sommation ont été tirés", a dit le responsable. "Les troupes nord-coréennes ont alors ouvert le feu sur nos militaires qui ont répliqué". Ces échanges de tirs ont duré une dizaine de minutes.

En dépit de son nom, la DMZ est probablement la frontière la plus militarisée au monde. Il s'agit d'une bande de terre de quatre kilomètres de large et de 248 km de long, parsemée de barrières électrifiées, de champs de mines et de murs antichars. La ligne de démarcation militaire qui marque la frontière entre les deux Etats rivaux la traverse en son centre.

Risque d'escalade

Selon une source militaire, les troupes sud-coréennes ont effectué des tirs de sommation ou lancé des avertissements oraux à deux reprises au cours des dernières 24 heures.

Le 10 octobre, les armées des deux pays avaient échangé des tirs nourris de mitrailleuse de part et d'autre de la frontière terrestre alors que le Nord venait d'ouvrir le feu sur des ballons transportant des tracts hostiles à Pyongyang.

Ces incidents sont relativement mineurs mais pour Yang Moo-Jing, professeur à l'université des études nord-coréennes de Séoul, la moindre escarmouche peut dégénérer. "Les nerfs des soldats des deux côtés sont mis à l'épreuve et cela accroît le risque d'un heurt accidentel qui dérape", conduisant à une escalade "incontrôlable", a-t-il estimé.

Pas d'accord de paix

Si des échanges de tirs à la frontière maritime entre les deux Etats se produisent de temps à autre, les heurts à la frontière terrestre, hautement militarisée, sont plus rares. Les deux Corée sont toujours techniquement en guerre depuis l'armistice conclu en 1953 qui n'a pas débouché sur un traité de paix.

Mercredi, de hauts responsables militaires sud et nord-coréens se sont rencontrés pour la première fois en sept ans. Les discussions ont duré cinq heures dans le village frontalier de Panmunjom, mais n'ont débouché sur aucun accord. Le Nord a ensuite accusé le Sud d'arrogance.