Philae a transmis toutes les données du forage et s'est mis en veille

Le robot Philae a pu transmettre toutes les données de forage réalisé sur la comète avant de s'assoupir.
07 août 2015, 14:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'atterrisseur Philae s'ancrera dans le sol avec des harpons puis des vis. Les caméras neuchâteloises sont les petits "trous" que l'on aperçoit dans la partie supérieure de chaque face.

Avant de se mettre en veille, Philae a pu transmettre dans la nuit les données du forage réalisé sur la comète Tchouri, a annoncé samedi à l'AFP le responsable scientifique de l'atterrisseur, Jean-Pierre Bibring. Le robot a réussi une manoeuvre qui devrait permettre à ses panneaux solaires de recevoir davantage de lumière.

"On a tout reçu. Tout s'est déroulé exactement comme prévu. On a même pu faire la rotation pour optimiser la réception de la lumière sur les panneaux solaires", a déclaré M. Bibring dans un entretien depuis le centre de contrôle de Philae à Cologne (Allemagne).

"Fantastique"

"Philae est en mode veille. Toutes les données de la première séquence scientifique ont été téléchargées avec succès!", a pour sa part indiqué l'Agence spatiale européenne (ESA) sur son compte Twitter.

"On a terminé cette première phase absolument fabuleuse et rien ne ressemble à ce qu'on avait prévu. Ca nous donne très envie de continuer à l'explorer", a déclaré Jean-Pierre Bibring. "On s'aperçoit que c'est de plus en plus différent que ce qu'on imaginait, c'est fantastique", a-t-il encore dit, refusant d'en dévoiler plus.

Attendre des jours meilleurs

M. Bibring s'est également dit "convaincu qu'on est capable de maintenir Philae en survie jusqu'à ce que ses panneaux solaires puissent se recharger suffisamment en se rapprochant du soleil".

Philae a en effet réussi une manoeuvre de rotation qui devrait permettre à ses panneaux solaires de recevoir davantage de lumière, la comète filant vers le Soleil. Cela pourrait lui permettre de sortir de son hibernation aux alentours de l'été, selon Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES (Centre national d'études spatiales) à Toulouse. "L'important c'est qu'on puisse survivre jusqu'à des moments meilleurs", a conclu M. Bibring.

Travail d'arrache-pied

Largué par la sonde européenne Rosetta, le petit robot avait atterri mercredi en fin d'après-midi sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko, une première de l'histoire spatiale. Pendant sa courte période d'activité, le robot a travaillé d'arrache-pied. Ses dix instruments ont été activés.

La feuille de route du robot était notamment de trouver des molécules organiques qui ont pu jouer un rôle dans l'apparition de la vie sur Terre, les comètes étant les objets les plus primitifs du système solaire.

Ces molécules organiques pouvaient être récoltées grâce à l'échantillon au sol (qui devait ensuite être réchauffé avant de pouvoir être analysé) mais pas seulement. D'autres instruments ont "sniffé" les gaz à la surface de la comète et la récolte a été bonne.

Une mission "unique"

Le robot, qui pèse 100 kg sur la Terre, a une masse d'un gramme sur la comète, a recueilli une mine d'images et de données scientifiques, transmis à la sonde Rosetta qui les a renvoyés sur Terre.

Philae a radiographié l'intérieur de la comète, étudié son magnétisme, fait des images du sol, analysé les molécules complexes dégagées par la surface. Cette mission "est unique et restera unique à jamais", avait souligné vendredi Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta.