Philippines: les 2 ex-otages allemands ont rejoint l'ambassade à Manille

Les deux ex-otages allemands détenus par le groupe Abu Sayyaf aux Philippines ont rejoint samedi l'ambassade d'Allemagne à Manille.
07 août 2015, 14:20
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Stefan Okonek et Henrike Dielen avaient été enlevés en mer "le 25 avril".

Les deux anciens otages allemands retenus par le groupe islamiste Abu Sayyaf dans le sud des Philippines, sont arrivés samedi à l'ambassade d'Allemagne à Manille, a indiqué un responsable militaire. Le groupe armé détient encore plusieurs étrangers, dont un Suisse.

A Berlin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a "remercié le gouvernement des Philippines pour sa collaboration étroite" dans cette affaire. On ignore quand le couple pourra regagner l'Allemagne.

Les deux otages allemands ont décrit des ravisseurs "très agressifs" et violents, dans le quotidien populaire allemand Bild de samedi. "Au début, en particulier, les ravisseurs étaient très agressifs et ils nous frappaient. Ils ont violemment battu mon compagnon", a raconté Henrike Dielen.

Cette femme de 55 ans et son compagnon de 74 ans avaient été enlevés en mer "le 25 avril" près de l'île de Palawan (ouest) par des "hommes en uniforme de policier" venus à bord d'une navette au prétexte d'un contrôle de leur voilier, se souvient Mme Dielen.

Rançon payée

Abu Sayyaf, qui a fait allégeance à l'Etat islamique (EI) après avoir été inféodé à Al-Qaïda, avait donné jusqu'à vendredi à Berlin pour payer une rançon de 5,6 millions de dollars (5,3 millions de francs) et retirer son soutien aux frappes occidentales contre les jihadistes en Irak et en Syrie. Il avait menacé de décapiter l'un des deux otages si Berlin n'accédait pas à sa demande.

Un porte-parole du groupe, Abu Rami, a déclaré à la radio qu'Abu Sayyaf avait reçu "ni plus ni moins" que sa rançon, en confirmant la libération des deux otages allemands. "Nous ne négocions pas avec les terroristes", a répondu le général en chef des forces armées philippines Gregorio Catapang, affirmant qu'il n'avait aucune information concernant le paiement d'une rançon.

Mais selon Rex Robles, un officier du renseignement des Philippines à la retraite, il est inconcevable que le groupe Abu Sayyaf ait libéré les otages sans une rançon. Selon lui, cet argent servira à acheter plus d'équipements, comme des fusils et des bateaux pour renforcer leurs activités terroristes.

Un Suisse encore retenu

Selon l'armée philippine, le groupe détient encore treize otages, dont cinq étrangers. Parmi eux figurerait un ornithologue amateur suisse de 48 ans disparu en février 2012 dans l'archipel de Sulu (sud). L'homme a été victime d'un enlèvement en compagnie d'un collègue néerlandais.