Près de 400 millions d'Africains privés d'accès à l'eau potable

Quelque 400 millions de personnes sont privées d'accès à l'eau potable en Afrique, a affirmé lundi à Abidjan le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan. Il y voit un frein au développement et à la croissance du continent.
07 août 2015, 13:23
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
- photo. d'illustration -

«Nous devons tous être conscients que fournir l'eau potable et l'assainissement à nos populations (...) c'est impulser le développement de notre continent», a remarqué M. Duncan à l'ouverture d'une rencontre panafricaine sur l'eau et l'assainissement.

Selon lui, la conséquence d'une telle situation est que «plus de 70% des lits d'hôpitaux en Afrique sont occupés par des personnes souffrant de maladies évitables, liées à la qualité de l'eau et de l'assainissement».

Des millions d'enfants touchés

Dans un rapport publié en 2012, l'ONG Save the children évaluait à 450 millions le nombre d'enfants menacés de malnutrition ces quinze prochaines années. Quelque 2,6 millions en meurent chaque année, selon l'ONG. L'eau non-potable, qui engendre des maladies fatales pour les enfants, est l'un des principaux facteurs causant la malnutrition.

«Ce déficit limite la pleine valorisation du potentiel humain de l'Afrique», a encore déploré M. Duncan, alors que le continent disposera «de 25% de la population mondiale en 2050 soit 2,4 milliards d'habitants».

La mauvaise répartition de l'eau et les problèmes d'infrastructures empêchent l'accès à cette ressource, pourtant présente en quantité suffisante en Afrique. Le continent noir dispose de 5400 milliards de mètres cubes d'eau dans ses nappes phréatiques, a expliqué à l'AFP Sylvain Usher, secrétaire général de l'Association africaine de l'eau (AAE), qui organise la rencontre d'Abidjan.

Objectifs pas atteints

Seuls huit des 53 pays africains devraient remplir les objectifs du millénaire fixés par l'ONU en matière d'accès à l'eau, c'est-à-dire réduire de moitié d'ici 2015 le pourcentage de leur population sans accès à un système d'épuration, estimait en 2012 le Programme de l'ONU pour l'environnement. Ce sont l'Algérie, le Botswana, le Maroc, la Tunisie, la Libye, l'Angola, l'Afrique du Sud et l'Egypte.