Présidentielle américaine: les Clinton à nouveau dans la maison blanche en 2016?

Hillary Clinton veut succéder à Barack Obama à la Maison Blanche. Ses adversaires ne cessent de raviver le "linge sale" des époux Clinton depuis l'investiture de Bill en 1993.
07 août 2015, 15:17
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le couple Clinton a défrayé plusieurs fois la chronique.

Les infidélités, réelles ou inventées, de Bill Clinton ont longtemps poursuivi le couple Clinton.

Il y a d'abord eu Paula Jones, qui a porté plainte pour harcèlement sexuel contre Bill Clinton. Puis Gennifer Flowers, avec laquelle il a reconnu sous serment en 1998 avoir eu des relations intimes, revenant sur ses dénégations prononcées dans une fameuse interview télévisée, avec Hillary à ses côtés.

L'affaire Levinsky

Mais le scandale le plus explosif et le plus humiliant est la relation avec la stagiaire de la Maison Blanche Monica Lewinsky, étalé sur la place publique mondiale en 1998, et qui a conduit à un vote de destitution ("impeachment") par la Chambre des représentants républicaine pour obstruction à la justice et mensonge sous serment (le Sénat l'a acquitté).

Même si Bill Clinton est redevenu depuis une figure populaire, la ligne d'attaque n'a pas complètement disparu. L'un des candidats républicains à la présidentielle 2016 Rand Paul a estimé que la moralité de Bill Clinton pouvait faire partie du débat sur l'éventuel retour des Clinton à la Maison Blanche.

L'Arkansas a lancé la carrière des Clinton, mais c'est aussi le lieu d'une affaire qui a entaché l'image du couple, à l'époque où Bill était gouverneur dans les années 1970 et 1980.

Un couple millionnaire

Le couple Clinton s'était associé avec Susan et Jim McDougal dans un projet de développement immobilier, Whitewater Development Corporation. A cause de pratiques douteuses et frauduleuses, les McDougal ont fini en prison. Les Clinton n'ont jamais été poursuivis mais le nom Whitewater reste synonyme, pour les conservateurs, de l'opacité de la gestion des Clinton.

Les Clinton sont aujourd'hui riches, millionnaires même. Mais au début de leur carrière politique, le couple vivait modestement. L'année dernière, dans une interview télévisée méticuleusement préparée dans sa maison, Hillary Clinton a surpris en confiant qu'ils étaient "fauchés" en quittant la Maison Blanche et qu'ils avaient eu du mal à boucler les fins de mois.

Le couple devait effectivement des sommes astronomiques à ses avocats, à cause de l'affaire Lewinsky, mais il venait d'acheter, en 1999, une maison à 1,7 million de dollars à Chappaqua, dans l'Etat de New York, et une autre à 2,85 millions à Washington.

Depuis, Bill Clinton a gagné des dizaines de millions de dollars en prononçant des discours rémunérés à travers le monde. Hillary Clinton a plus tard regretté ses propos. L'attaque contre la mission diplomatique américaine de Benghazi, dans l'est de la Libye, le 11 septembre 2012, a terni la toute fin du passage d'Hillary Clinton à la tête du département d'Etat.

Phrase appréciée des républicains

Quatre Américains dont l'ambassadeur ont été tués dans l'attaque, et l'administration américaine est accusée par les républicains d'avoir négligé la sécurité autour de la mission et, pire, d'avoir initialement tenté de dissimuler le caractère terroriste de l'assaut.

Les républicains, avec plus ou moins de mauvaise foi, repassent souvent la vidéo d'une phrase exaspérée d'Hillary Clinton, lors d'une audition parlementaire tendue en 2013, pour l'accuser d'indifférence. "A ce stade, qu'est-ce que cela peut bien faire?", avait-elle lancé à un sénateur républicain.

Les républicains ont créé une commission d'enquête spéciale, dénoncée comme partisane, sur Benghazi, et ont promis de convoquer Hillary Clinton à une nouvelle audition.

Compliquant le dossier, les républicains du Congrès soupçonnent aussi l'ex-secrétaire d'Etat d'avoir effacé des messages compromettants ou embarrassants de son serveur privé de messagerie, qu'elle utilisait pour ses communications officielles. Là encore, une enquête parlementaire est en cours.