Proche-Orient: une offre de trêve est examinée par Israël

Au sixième jour de l'opération militaire israélienne à Gaza, l'Etat hébreu examine une proposition de trêve égyptienne. Sans toutefois annoncer sa décision.
06 août 2015, 15:09
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Une proposition égyptienne de trêve est étudiée par Israël après les bombardements qui ont déjà fait plus de cent morts à Gaza.

Israël a examiné dans la nuit de lundi à mardi une proposition égyptienne de trêve avec le Hamas, sans annoncer de décision, selon les médias. Au sixième jour de l'opération israélienne dans la bande de Gaza, les bombardements ont fait plus de 100 morts côté palestinien.

Le forum des neuf principaux ministres du gouvernement de Benjamin Netanyahou s'est longuement réuni pour étudier l'option d'une trêve ou celle d'une offensive terrestre à Gaza. Il n'a annoncé aucune décision, selon la radio publique.

D'après ce média, Israël souhaite qu'une trêve de 24 à 48 heures soit observée afin que les parties puissent élaborer un cessez-le-feu durable. De même source, l'Etat hébreu pourrait, dans ce cadre, envisager d'alléger son blocus de la bande de Gaza.

Selon une chaîne de télévision israélienne, le premier ministre Benjamin Netanyahou serait enclin à approuver le document et un arrêt des hostilités serait en vue dans les 24 heures.

Iran pointé du doigt

Le président israélien Shimon Peres a lui accusé l'Iran d'encourager les Palestiniens à poursuivre leurs tirs de roquettes plutôt qu'à négocier un cessez-le-feu. Téhéran essaie "de leur envoyer des armes", a-t-il affirmé dans un entretien à la télévision CNN.

Au Caire, où il se trouve pour des discussions avec les autorités égyptiennes engagées dans des efforts de médiation, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a évoqué la possibilité d'une trêve avec Israël, tout en insistant sur une levée du blocus de l'enclave.

"Nous ne sommes pas contre un apaisement, mais nous tenons à nos demandes, la fin de la brutalité, la fin de l'agression et la levée du blocus", a dit M. Mechaal.

Lundi, les raids aériens israéliens ont fait 32 morts, portant à 109 le nombre de tués palestiniens depuis le début de l'offensive mercredi dans l'enclave côtière palestinienne, selon des sources médicales. Côté israélien, trois personnes ont été tuées par les roquettes palestiniennes.

Tractations diplomatiques

Face à la menace d'une escalade majeure, Israël agitant depuis plusieurs jours la menace d'une intervention terrestre, les tractations et visites diplomatiques battent leur plein.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, arrivé lundi soir au Caire, se rendra mardi en Israël et dans les territoires palestiniens, où il doit être reçu par M. Netanyahou et le président palestinien Mahmoud Abbas.

Le ministre allemand des Affaire étrangères Guido Westerwelle s'entretiendra également avec ces deux dirigeants mardi.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, doit de son côté se rendre mardi à Gaza à la tête d'une délégation ministérielle comprenant notamment les ministres égyptien et turc des Affaires étrangères.

Les Etats-Unis accusés

La Russie a accusé les Etats-Unis de chercher à "faire obstruction" à un communiqué du Conseil de sécurité des Nations unies sur Gaza. L'ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Susan Rice, a confirmé lundi soir que les Etats-Unis ne donneront pas leur aval à un texte du conseil qui sape, selon eux, les efforts entrepris pour atteindre un cessez-le-feu à Gaza.

L'opération "Pilier de défense" a pour objectif de neutraliser les groupes armés palestiniens. Experts et commentateurs israéliens soulignent que l'aviation étant en passe d'avoir touché tous ses objectifs, se pose la question de la suite: trêve ou offensive terrestre.