Rampes de lancement de missile dressées en Corée du Nord

La Corée du Sud redoute que Pyongyang ne procède à des tirs de missiles dans les heures ou jours à venir. Des rampes de lancement ont été dressées.
07 août 2015, 11:13
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
 La Corée du Sud et les Etats-Unis ont relevé mercredi d'un cran le niveau de surveillance militaire conjoint face aux menaces d'un tir de missile par la Corée du Nord.

La Corée du Nord a tenu jeudi le monde en alerte avant un possible tir d'essai de missile. Elle a célébré, en pleine tourmente sur la péninsule coréenne, ses dirigeants défunts ou vivants, hérauts de la croisade anti-américaine du régime communiste.

Les Etats-Unis et la Corée du Sud ont sommé récemment la Corée du Nord d'arrêter de "jouer avec le feu" et de renoncer au tir de missile qu'elle semble vouloir effectuer au mépris des sanctions internationales et au risque d'embraser la péninsule.
 
Et les ministres des Affaires étrangères du G8, réunis à Londres, ont "condamné dans les termes les plus forts" l'attitude de la Corée du Nord et menacé de nouvelles sanctions le régime de Pyongyang en cas de nouveau test de missile.
 
Mais jeudi, les organes officiels de la propagande nord-coréenne ont observé une pause dans la litanie d'invectives et de menaces proférées quotidiennement depuis plusieurs semaines. Ils ont chanté les louanges du dirigeant Kim Jong-un à l'occasion du premier anniversaire de son accession au pouvoir suprême.
 
Troisième Kim du nom depuis la fondation du régime en 1948 par son grand-père Il-sung, Jong-un, qui a succédé à son père Jong-il au décès de celui-ci en décembre 2011, a été nommé le 11 avril 2012 à la tête du parti du Travail, parti unique du pays auquel les 24 millions de Nord-Coréens doivent une allégeance absolue.
 
2 tirs récemment
 
Le quotidien officiel du parti, le "Rodong Shinmun", a exalté en Kim Jong-un "l'homme de conviction et de volonté numéro 1", le créditant du succès du lancement en décembre d'une fusée et de l'essai nucléaire de février.
 
"L'histoire n'a jamais vu un leader socialiste comme lui", affirme le journal.
 
Depuis février 2012, la Corée du Nord a effectué deux tirs de fusée, considérés par les Occidentaux comme des essais déguisés de missiles balistiques, ainsi qu'un essai nucléaire qui lui a valu un nouveau train de sanctions à l'ONU. Pyongyang a également annoncé le redémarrage de ses activités nucléaires et positionné des missiles de moyenne portée sur sa côte est.
 
Kerry prévu en Corée du Sud
 
Ignorant les mises en garde de son voisin et allié chinois, Pyongyang a déployé sur sa côte orientale deux missiles Musudan, d'une portée théorique de 4000 kilomètres, soit la capacité d'atteindre la Corée du Sud, le Japon et même l'île américaine de Guam, où des exercices d'urgence ont été menés jeudi dans la perspective d'une frappe nord-coréenne.
 
Et un puissant radar militaire américain a été installé en mer afin de détecter tout tir éventuel de missile par la Corée du Nord, a affirmé dans la nuit de mercredi à jeudi un haut responsable de la Défense américaine.
 
L'éventuel tir de missile pourrait intervenir autour du 15 avril ou coïncider avec la visite à Séoul prévue vendredi du secrétaire d'Etat américain John Kerry et du secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen.
 
Selon une source gouvernementale sud-coréenne, Pyongyang pourrait tirer plusieurs projectiles, des mouvements de véhicules lanceurs transportant des Scud (d'une portée de quelques centaines de kilomètres) et des Rodong (d'une portée d'un peu plus de 1000 kilomètres) ayant été détectés.
 
Demande lancée par Séoul
 
La Corée du Nord a déplacé ses missiles à maintes reprises ces derniers jours, dans le dessein de compliquer la tâche des services de renseignement étrangers et de "fatiguer" les agents chargés de la surveillance des rampes, a indiqué jeudi l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.
 
Le commandement des forces conjointes à Séoul a augmenté le nombre des personnels affectés aux tâches de renseignement. Parallèlement aux mesures militaires préventives, Séoul a pris contact avec la Chine et la Russie pour qu'elles incitent le Nord à la modération.
 
Une ou deux rampes de lancement du Musudan est orientée vers le ciel, ont indiqué jeudi des médias japonais citant un responsable du ministère nippon de la Défense.