RDC: l'ONU punira les agressions contre les civils

Martin Kobler, chef de la mission des Nations unies au Congo (Monusco) a décrété que les «agressions contre les populations civiles ne resteront pas impunies». Dans un faubourg de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), deux personnes ont été tuées par un obus.
07 août 2015, 11:42
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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M. Kobler a «fermement condamné ces attaques indiscriminées et inacceptables contre les populations civiles». Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC se trouve depuis vendredi à Goma, capitale de la province instable du Nord-Kivu.

«J'ai donné l'ordre à la Force de la Monusco de réagir avec toute l'énergie nécessaire contre ces crimes effroyables et innommables», a-t-il poursuivi. Les bombardements qui ont frappé les alentours de Goma ont provoqué une vive tension dans la ville.

Les forces de la Monusco ont par ailleurs été prises à partie samedi par la population de Goma qui leur reproche leur manque d'efficacité contre les rebelles du M23.

Privilégier le dialogue

«Les attaques contre la ville de Goma, ainsi que la Monusco et leurs conséquences tragiques sur les populations civiles déjà traumatisées par deux décennies de conflit sont inacceptables. Elles doivent cesser immédiatement», a pour sa part déclaré l'émissaire de l'ONU pour les Grands Lacs, Mary Robinson.

«Nous devons tout mettre en oeuvre pour éviter une escalade des tensions dans la région, privilégier le dialogue (...)», a-t-elle estimé, soulignant l'urgence d'une solution politique à la crise en RDC.

Les affrontements ont repris mercredi entre les forces régulières congolaises et les rebelles du M23, à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma. Le porte-parole militaire de l'ONU Prosper Basse avait affirmé vendredi que la Monusco était «désormais engagée» aux côtés de l'armée régulière contre la rébellion.

Lettre du M23 à l'ONU

Le mouvement rebelle du M23 a adressé samedi une lettre ouverte au secrétaire général des Nations unies. Il accuse Kinshasa de bombarder les populations et demande à Ban Ki-moon de former une commission d'enquête indépendante «sur les événements de ces jours dans cette partie du pays».

«Le gouvernement congolais a décidé de tirer au mortier des obus dans la ville de Goma causant mort d'hommes et créant un climat de désolation parmi les habitants», a affirmé le président du mouvement, Bertrand Bisimwa, dans un document transmis à l'AFP.