République démocratique du Congo: l'ONU s'inquiète malgré l'accord de paix

L'aggravation des troubles dans l'est de la République démocratique du Congo inquiète fortement l'ONU.
07 août 2015, 11:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le regain de tensions dans l'est de la République démocratique du Congo provoque l'inquiétude à l'ONU.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a fait part de sa profonde inquiétude devant l'aggravation des troubles dans l'est de la république démocratique du Congo (RDC) malgré un nouvel accord régional destiné à y ramener la paix. Il a plus particulièrement demandé au mouvement rebelle M23 de cesser toute violence.

Les quinze membres du Conseil de sécurité, parmi lesquels figure le Rwanda, a renouvelé sa condamnation des rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), qui s'est emparé de territoires à l'est du Congo et qui est particulièrement visé par l'accord signé dimanche à Addis Abeba par 11 pays d'Afrique, dont la RDC, précise l'ONU dans un communiqué.

Le Rwanda et l'Ouganda, signataires du nouvel accord, ont été accusés par des experts de l'ONU de soutenir le M23 qui a déclenché une offensive contre le gouvernement de Kinshasa l'année dernière.

Le Conseil de sécurité salue l'accord négocié par le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, mais reste "profondément inquiet de l'aggravation de la situation sécuritaire et humanitaire" dans cette région riche en minerais.

Situation volatile

Les membres du Conseil "réitèrent leur demande au M23 pour qu'il cesse immédiatement ses tentatives d'établir une administration parallèle illégitime", poursuit le communiqué.

Le Conseil a également demandé que le M23, la rébellion rwandaise hutue (FDLR), ainsi que d'autres groupes armés "mettent fin à toute forme de violence et d'activités destabilisatrices". Des membres du M23 sont soupçonnés de participation au génocide de 1994 contre les Tutsi, qui a fait 800'000 morts selon l'ONU.

Le chef de la mission de l'ONU en RDC, Roger Meece, a prévenu vendredi qu'un conflit sérieux pouvait exploser à tout moment. "La situation générale est volatile et précaire et pourrait se transformer à tout moment en un conflit à grande échelle, sans alerte préliminaire, si tant est qu'il y en ait une", a-t-il déclaré au Conseil.

Onze pays africains ont signé dimanche à Addis Abeba un accord destiné à ramener la paix dans l'est de la République démocratique du Congo, notamment en renforçant la mission des Nations unies dans la région pour y combattre les rébellions qui l'ensanglantent.

L'accord pourrait également permettre la mise en place d'une "brigade d'intervention" spéciale de l'ONU dans l'est de la RDC, ainsi que la nomination d'un envoyé spécial de l'ONU pour la région des Grands Lacs.