Ricine détectée dans une lettre envoyée à un sénateur américain

Un sénateur américain a eu la mauvaise surprise de recevoir une lettre contenant de la ricine, un dangereux poison. Intercepté à temps, l'envoi n'a pas provoqué de dégât.
07 août 2015, 11:15
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les autorités n'ont pas intercepté d'autres courriers suspects.

Une lettre contenant de la ricine, un dangereux poison déjà utilisé par le passé contre des élus, était destinée à un sénateur républicain américain. Elle a été détectée suffisamment tôt, a indiqué mardi un responsable du Sénat.

"Le centre qui traite le courrier des bureaux des élus à Washington a reçu une lettre qui a été positivement testée à la ricine", a indiqué dans un courriel interne le responsable de l'administration et de la sécurité du Sénat. La lettre a été postée depuis Memphis, dans le Tennessee (sud), sans adresse d'expéditeur, et "l'aspect extérieur de l'enveloppe n'était pas suspect", a-t-il précisé.
 
Le FBI participe à l'enquête, a-t-il indiqué. Les autorités n'ont pas intercepté d'autres courriers suspects. Il n'y a apparemment aucun rapport avec les attentats de Boston.
 
Le sénateur à qui était destinée la lettre, Roger Wicker, est un républicain du Mississipi au profil discret. Il n'est pas particulièrement impliqué dans les débats sur les armes ou l'immigration, les deux grands sujets politiques du moment.
 
Son dernier vote important date de la semaine dernière. Il avait voté pour ouvrir les débats au Sénat sur la réforme de la législation sur les armes, avec 15 autres élus de son parti.
 
Selon la sénatrice Claire McCaskill, citée par le site Politico, un suspect a été identifié par les autorités. Les sénateurs s'exprimaient à la sortie d'une réunion à huis clos avec le FBI et la secrétaire à la Sécurité intérieure consacrée à l'attentat de Boston.
 
Inhalée, la ricine peut provoquer des troubles respiratoires. En février 2004, le Sénat et la Maison Blanche avaient déjà été les cibles d'une attaque à la ricine, un agent biologique envoyé sous forme de poudre, des attaques qui n'avaient pas fait de morts.
 
La ricine avait aussi été adressée au département des Transports en octobre puis à la Maison Blanche en novembre 2003, dans des lettres signées d'un certain "ange déchu", qui réclamait un changement dans la réglementation sur les horaires de travail des routiers américains.
 
Mais à l'automne 2001, des attaques non élucidées utilisant la bactérie du charbon avaient fait cinq morts. Depuis, tout le courrier envoyé aux élus de la nation est examiné à l'extérieur du Capitole avant d'être acheminé.