Rio de Janeiro: amende de 25,5 millions pour la marée noire de Chevron

Le pétrolier américain Chevron devra s'acquitter d'une amende de 25,5 millions de francs, pour la marée noire provoquée le 9 novembre au large de Rio de Janeiro.
03 août 2015, 19:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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L'Institut brésilien de l'environnement (Ibama) a infligé une amende de 50 millions de reals (25,5 millions de francs) au pétrolier américain Chevron pour la marée noire provoquée au large de Rio, a annoncé lundi le secrétaire à l'Environnement de l'Etat de Rio de Janeiro, Carlos Minc.

M. Minc a ajouté, dans une conférence de presse, qu'il demandera en justice des indemnités supplémentaires pour réparer les dégâts provoqués par la marée noire. Au total, les amendes frappant Chevron pourront totaliser cent millions de reals (51 millions de francs), a dit M. Minc.

Négligence

Le secrétaire de l'environnement de Rio, a accusé le pétrolier américain de «négligence» et averti que Chevron pourrait «ne plus avoir le droit de participer à des appels d'offre pendant cinq ans».

Peu après à Brasilia, après une réunion avec la présidente Dilma Rousseff, le ministre de l'énergie Edison Lobao a affirmé que le Brésil agirait «avec le maximum de rigueur» dans le cadre de cet accident au moment où le Brésil s'apprête à exploiter ses gigantesques gisements maritimes découverts en eaux très profondes sous une épaisse couche de sel.

Le président de l'Agence nationale du pétrole (ANP), Haroldo Lima, a annoncé quant à lui que Chevron pourra recevoir deux autres amendes allant jusqu'à 50 millions de reals chacune pour avoir fourni «de fausses informations» sur son plan d'urgence pour contenir la fuite. Ce plan prévoyait notamment des équipements qui en réalité ne se trouvaient même pas au Brésil.

Fuite colmatée en 4 jours

La fuite s'est déclarée le 9 novembre sur un puits en cours de perforation dans le champ de Frade, à 370 km des côtes de l'Etat de Rio. Le directeur de Chevron au Brésil, George Buck, a déclaré lundi que son «groupe avait mis quatre jours à colmater la fuite le 13 novembre» et qu'il était «fier» de voir comment le problème avait été résolu.

Actuellement ne remontent à la surface «que moins de 20 barils de pétrole résiduel par jour», selon lui. Selon M. Buck, «l'équivalent de 2400 barils» ont fui, deux à trois fois plus selon l'ANP, soit l'équivalent de 5000 à 8000 barils.

«Nous avons perforé un puits où la pression était plus forte que prévu, la roche était plus fragile (que prévu) et le pétrole est monté à la surface» d'une profondeur de plus de 500 m, a souligné M. Buck.

Il a souligné que Chevron avait respecté les normes de l'Ibama. «Jeter du sable ne marchait pas, et il était très difficile de retirer la nappe, qui est très fine, en raison des conditions de la mer. Nous avons dispersé la nappe avec des produits chimiques autorisés par l'Ibama», a dit M. Buck.