Russie: Snowden fait une demande d'asile provisoire

L'ancien consultant du renseignement américain Edward Snowden a officiellement demandé mardi un asile provisoire à la Russie.
07 août 2015, 11:34
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Edward Snowden est depuis trois semaines dans l'aéroport de Moscou.

L'ancien consultant du renseignement américain Edward Snowden, bloqué depuis plus de trois semaines dans un aéroport de Moscou, a officiellement demandé mardi un asile provisoire à la Russie. Les questions sur ses hésitations n'ont cependant pas été totalement levées.

"La demande a été envoyée aux autorités russes", a déclaré Anatoli Koutcherena, un avocat proche du pouvoir russe qui a pris en charge le fugitif américain depuis vendredi. Il a précisé que la demande avait été remise à des représentants du service des Migrations.

Me Koutcherena a ajouté qu'il s'attendait à ce que les autorités russes se prononcent "bientôt". La procédure pour une demande d'asile temporaire est différente de celle pour une demande d'asile permanent, qui nécessite un décret du président russe Vladimir Poutine.

Jusqu'à trois mois

"Si l'on parle d'un asile temporaire, alors cela ne relève pas du président mais des services fédéraux d'immigration", a souligné le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov.

Une source au sein de ce service a indiqué que l'examen de la demande d'asile temporaire de Snowden pourrait prendre jusqu'à trois mois. En attendant, des documents seront remis au fugitif américain lui permettant de se rendre sur le territoire russe, a-t-elle ajouté.

Lors d'une rencontre vendredi à l'aéroport, à laquelle avaient notamment été conviés des défenseurs des droits de l'homme, des avocats et un député proche du Kremlin, Edward Snowden avait déclaré vouloir demander un tel asile provisoire en Russie avant de pouvoir gagner l'Amérique latine, où trois pays, Venezuela, Nicaragua et Bolivie, ont accepté sa demande d'asile. Mais aucune demande officielle n'avait suivi depuis.

Condition russe

L'Américain avait déjà demandé début juin l'asile politique à une vingtaine de pays, dont la Russie. Mais il était revenu sur sa demande auprès de Moscou après que Poutine a posé comme condition que l'ancien consultant de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) cesse ses révélations sur le programme de surveillance électronique américain.

Vladimir Poutine a répété lundi que la Russie avait exigé pour qu'il reste qu'il cesse ses révélations, et qu'il avait refusé. Il a souligné que la Russie avait "d'autres combats" et ne souhaitait pas que l'affaire porte préjudice aux relations avec Washington, déjà tendues.

Le président russe a souligné que les Etats-Unis, par leurs pressions, avaient bloqué Edward Snowden à Moscou, et estimé que le fugitif américain repartirait "dès qu'il aurait la possibilité d'aller ailleurs".

Nombreuses interrogations

Mardi, avant l'annonce de Snowden, les interrogations étaient nombreuses sur les coulisses de la demande d'asile de l'Américain. La militante des droits de l'homme et spécialiste des questions d'asile Svetlana Gannouchkina avait notamment exprimé ses doutes sur cette affaire qui dure depuis quatre semaines.

"Je ne comprends pas la cause de toute cette comédie. Il devait présenter une demande dans les cinq jours suivant son arrivée et il ne l'a pas fait. Tout cela est étrange et ressemble à un show", a déclaré cette militante respectée, membre notamment de l'ONG Memorial. Elle a ajouté se demander si la situation n'était pas "orchestrée par d'autres personnes".