Russie: trois autres militants de Greenpeace libérés sous caution

La libération sous caution de Peter Willcox, de la Néerlandaise Faïza Oulahsen et de la Britannique Alexandra Harris porte à quinze le nombre d'activistes relâchés. Le Suisse Marco Weber reste pour l'heure derrière les barreaux.
07 août 2015, 12:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'activiste Faiza Oulahsen

La justice russe a décidé de remettre en liberté mercredi trois autres militants de Greenpeace arrêtés en septembre, dont le capitaine du navire, l'Américain Peter Willcox. Sur les trente activistes arrêtés, quinze ont pu être libérés sous caution jusqu'à présent.

Peter Willcox, la Néerlandaise Faïza Oulahsen et la Britannique Alexandra Harris ont été relâchés après avoir versé leur caution qui s'élève à 2 millions de roubles (55'500 francs), a indiqué l'ONG sur son compte Twitter.

Lors de l'audience, la Néerlandaise Faïza Oulahsen, qui avait écrit sur la paume de sa main "sauvons l'Arctique", a tenu à remercier dans un message vidéo ceux qui l'ont soutenue, ainsi que les 29 autres membres d'équipage de l'Arctic Sunrise.

"A tous ceux qui appellent à notre libération, je vous remercie énormément, vous nous avez donné de l'espoir, vous nous avez donné de la force", a-t-elle dit.

Interrogée par un proche présent dans la salle d'audience sur ce qu'elle comptait faire quand elle retrouverait la liberté, la jeune femme a répondu: "Je vais manger un bon plat et appeler ma famille, car je ne leur ai pas parlé depuis plus de deux mois".

Depuis le début des audiences lundi à Saint-Pétersbourg, la justice a décidé de libérer sous caution au total 15 militants, parmi lesquels des Russes et des étrangers. Les 30 militants du navire, dont un Suisse, ont récemment été transférés à Saint-Pétersbourg après avoir été incarcérés à Mourmansk.

Seul l'Australien Colin Russell a vu jusqu'ici sa détention provisoire prolongée de trois mois, jusqu'au 24 février. Selon Greenpeace, l'ambassadeur australien en Russie a annoncé qu'il allait se rendre au ministère russe des Affaires étrangères à Moscou pour comprendre les raisons de cette détention prolongée.

Affaire pas réglée

Mercredi, plusieurs audiences étaient encore prévues. Le tribunal doit statuer sur la prolongation ou non de la détention des militants, dont le délai initial de deux mois expire le 24 novembre.

L'ONG a tenu à souligner que l'affaire n'était cependant pas réglée. "Nous n'avons aucune idée des conditions dans lesquelles vont vivre nos amis lorsqu'ils seront relâchés, s'ils seront assignés à résidence ou s'ils auront le droit de sortir", a déclaré mardi Kumi Naidoo, le directeur exécutif de Greenpeace.

Les 30 membres de l'équipage ont été inculpés de "piraterie", puis, fin octobre, de "hooliganisme". Leur navire avait été arraisonné en septembre par un commando héliporté après une action contre une plate-forme pétrolière du géant russe Gazprom dans l'Arctique. Le Suisse Marco Weber a participé à cette opération.