Sarkozy fuit le débat, accusent ses concurrents

Les critiques fusent après le meeting dimanche à Villepinte de Nicolas Sarkozy, près de Paris. Ses concurrents à l'élection présidentielle l'accusent de fuir le débat sur les questions essentielles en prétendant que l'Europe et l'immigration sont les sources des problèmes de la France.
05 août 2015, 15:53
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Le président-candidat n'a quasiment pas abordé les thèmes du chômage ou des finances publiques, jugés prioritaires par les  Français, préférant lancer un ultimatum à l'Europe sur les accords  de Schengen sur la circulation des personnes.

Pour le candidat socialiste François Hollande, favori des  sondages, le chef de l'Etat ne parle ni de son bilan ni de ses  projets et est «dans une fuite en avant» électoraliste.

«On a eu ni l'expression de sa fierté de ce qu'il avait fait, ni  la présentation de ce qu'il nous proposait», a dit François Hollande  dimanche sur M6.

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a estimé ce lundi  que «ce qui est derrière tout ça, c'est l'obsession de Nicolas  Sarkozy qui consiste à dire depuis le début de sa campagne  présidentielle que le problème central de la France c'est l'immigration».

«C'est pas l'école, c'est pas la santé, c'est pas le pouvoir d'achat, c'est pas le logement, c'est pas les transports, c'est pas les bouchons en Ile-de-France, c'est pas les transports collectifs, c'est pas tout ça: c'est l'immigration!»

«Sujets de diversion»

Le socialiste Michel Sapin a vu chez Nicolas Sarkozy «une posture  mais pas de projet».

«Une fois encore, celui qui a été président de la République  pendant cinq ans s'aperçoit au bout de cinq ans qu'il y a un sujet  très important qu'il faut maintenant traiter (...) Mais pourquoi ne  l'a-t-il pas traité?», s'est-il interrogé lundi sur France Inter.

Le centriste François Bayrou, donné quatrième par les sondages  derrière Marine Le Pen (Front national), a ironisé sur la menace de  quitter Schengen.

«Entre la Belgique et la France, entre l'Allemagne et la France,  entre l'Italie et la France, on va remettre les barrières repeintes  en blanc et rouge et les douaniers vont être recrutés de nouveau», a- t-il dit lundi sur RTL. «Tout ça n'aura pas lieu et tous ceux qui  nous écoutent savent que ça n'aura pas lieu», a ajouté le président  du Mouvement démocrate.

Nicolas Sarkozy, comme François Hollande, veulent cacher aux  Français «les questions vitales de leur avenir, de la dette, des  déficits, du chômage, de l'appauvrissement du pays» et choisissent  «des sujets de diversion», a-t-il ajouté.