Scandale Volkswagen: Martin Winterkorn, un patron dans la tourmente

Alors que le scandale des moteurs truqués frappe de plein fouet Volkswagen, le patron de l'entreprise, Martin Winterkorn, voit son avenir professionnel s'assombrir.
23 sept. 2015, 08:11
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Martin Winterkorn est surnommé "M. Qualité".

Martin Winterkorn, aux commandes depuis 2007 du mastodonte automobile Volkswagen, est sous intense pression. Le scandale du trucage des moteurs diesel pourrait chambouler la fin de carrière de ce technicien tatillon surnommé "M. Qualité".

Connu pour son perfectionnisme, Martin Winterkorn a souvent fait trembler ses ingénieurs en auscultant de près chaque nouveau modèle avant son lancement. "Je connais chaque vis de nos voitures", se plaisait-il à dire.

Une affirmation qui pourrait se retourner contre lui. Les responsabilités dans le scandale qui a vu le groupe truquer des moteurs diesel sont en cours d'évaluation. Mardi, le patron de la firme a été obligé de reconnaître qu'il n'avait pour l'heure "pas toutes les réponses" aux questions que soulève le scandale.

Résultats financiers record

Depuis son arrivée à la tête du groupe Volkswagen en 2007, avec Ferdinand Piëch comme président du conseil de surveillance, cet amateur de football relativement discret a enregistré de nombreuses réussites. Il a transformé le groupe en un géant à douze marques, parmi lesquelles Audi, Porsche et Seat pour les voitures mais aussi MAN et Scania pour les camions et Ducati pour les motos.

En 2014, l'entreprise de Wolfsburg (Nord de l'Allemagne) a signé des résultats financiers record, avec un bénéfice net de près de 11 milliards d'euros (11,94 milliards de francs). Son chiffre d'affaires a atteint environ 202 milliards d'euros.

Mieux, elle est parvenue au premier semestre à doubler le numéro un mondial des ventes, le japonais Toyota. Elle nourrissait cette ambition pour 2018 seulement.

"Meilleur" patron possible

Mais M. Winterkorn, patron le mieux payé d'Allemagne, est aussi pointé du doigt pour certains manquements: l'absence de voiture à bas coût dans l'escarcelle du groupe, les difficultés de la marque phare Volkswagen en Chine depuis peu et aux Etats-Unis depuis plusieurs années. Sans oublier une trop grande concentration des prises de décisions.

Désavoué en avril par son père spirituel pour une raison inconnue, le sexagénaire est sorti grand vainqueur de la lutte de pouvoir avec M. Piëch. Ce dernier a été contraint à démissionner de toutes ses fonctions au sein du groupe.

Alors adoubé "meilleur" patron possible pour Volkswagen par les membres les plus influents du conseil de surveillance, Martin Winterkorn devait théoriquement voir son contrat prolongé de deux ans, jusqu'à 2018, ce vendredi.

Mais les incertitudes concernant son avenir sont grandes depuis la révélation de la duperie du groupe, qui a mis en place un logiciel sur 11 millions de voitures diesel dans le monde pour falsifier leur niveau d'émissions polluantes. La manoeuvre a porté un grave préjudice à l'image policée du groupe.