Soirée éprouvante pour Aung San Suu Kyi à Berne

Eprouvée par le début de son périple en Europe et par le décalage horaire, l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a dû interrompre ce soir une conférence de presse à Berne et renoncer au repas officiel, après avoir lancé à Genève un appel aux investisseurs.
06 août 2015, 09:59
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Aung San Suu Kyi et Didier Burkhalter lors de la conférence de presse écourtée à Berne.

De manière prémonitoire, la «Dame de Rangoun» a entamé son  dialogue avec la presse suisse en expliquant être un peu désorientée  par ce premier voyage en Europe, où «tout va très vite» depuis  qu'elle est arrivée. Après avoir répondu à cinq questions au centre  des médias, elle s'est éloignée du microphone et une accompagnatrice  est allée s'enquérir de son état, qui ne semblait pas très inquiétant.

Le porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères  (DFAE) Jean-Marc Crevoisier a évoqué le «jet-lag» pour expliquer le malaise qu'elle a subi.
Il a dit à l'ats que le repas prévu en soirée à Berne en  compagnie de la présidente de la Confédération Eveline Widmer- Schlumpf et des conseillers fédéraux Simonetta Sommaruga et Didier  Burkhalter «a été annulé». Aung San Suu Kyi a tout de même pu  assister à l'apéro offert en son honneur.
«C'est un grand honneur pour notre pays» d'accueillir Aung San  Suu Kyi», a déclaré plus tôt M. Burkhalter. «Le train des réformes  en cours en Birmanie sera long», a-t-il ajouté, citant son  interlocutrice avec laquelle le chef de la diplomatie suisse a  discuté pendant environ une heure en fin d'après-midi à Berne.
 

Ambassade suisse
 

M. Burkhalter a d'autre part annoncé l'ouverture, au début du  mois de novembre, d'une ambassade de Suisse en Birmanie. Jusqu'ici,  les intérêts helvétiques en Birmanie étaient représentés par l'ambassade de Suisse à Bangkok. «Nous ne voulons pas seulement observer le processus démocratique  en cours», a-t-il déclaré, «mais nous voulons aussi être actifs».  Mais il a précisé que si une «détérioration notable» du climat était  perceptible, Berne pourrait à nouveau imposer des sanctions.
Dans le cadre des mesures liées au développement, pour lesquelles  la Suisse s'est engagée avec une enveloppe de 25 millions par an sur  quatre ans, M. Burkhalter a cité «la construction d'écoles» et dans  le domaine médical, «des mesures pour contrer la malaria».
Aung San Suu Kyi a elle mis en avant le «chômage des jeunes, qu'il faut combattre à tout prix», dans un pays rongé par un taux  avoisinant 70 %. «Nous devons contrôler ce secteur», a-t-elle  expliqué, avant de devoir écourter la conférence de presse.