Coup d’Etat dénoncé au Soudan: plusieurs dirigeants arrêtés, accès à l’Internet coupé

La situation reste confuse au Soudan après l’arrestation à leur domicile de plusieurs dirigeants soudanais. Des forces armées détiendraient le Premier ministre Abdallah Hamdok.
25 oct. 2021, 07:59
/ Màj. le 25 oct. 2021 à 09:56
Des manifestants se sont rassemblés dans les rues de la capitale Khartoum pour protester contre les arrestations.

Des hommes armés non identifiés ont arrêté plusieurs dirigeants soudanais à leur domicile tôt lundi, a indiqué une source gouvernementale. L’Internet a été coupé à travers le pays. L’un des fers de lance de la révolte évoque un coup d’Etat.

Des manifestants se sont rassemblés dans les rues de la capitale Khartoum pour protester contre les arrestations.



L’Association des professionnels, l’un des fers de lance de la révolte qui a mis fin en 2019 à 30 ans de dictature du président Omar el-Béchir, a appelé les Soudanais à la «désobéissance» face à un «coup d’Etat». Cette coordination a lancé son appel sur Twitter, malgré la coupure d’internet.

La crise actuelle est artificielle et prend la forme d’un coup d’Etat rampant.
Yasser Arman, leader du FFC 

Le Soudan connaît une transition précaire entachée de divisions politiques et de luttes de pouvoir depuis l’éviction du président Omar el-Béchir en avril 2019. Depuis août 2019, le pays est dirigé par une administration composée de civils et de militaires chargée de superviser la transition vers un régime entièrement civil.



Le principal bloc civil, les forces pour la liberté et le changement (FFC), qui a mené les manifestations anti-Béchir en 2019, s’est scindé en deux factions opposées. «La crise actuelle est artificielle et prend la forme d’un coup d’Etat rampant», a déclaré Yasser Arman, leader du FFC, samedi à Khartoum.

Premier ministre détenu

Des forces armées détiennent lundi le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, arrêté après avoir refusé de soutenir un «coup d’Etat», a rapporté le ministère de l’Information.

«Après avoir refusé de soutenir le coup d’Etat, des forces armées ont arrêté le Premier ministre Abdallah Hamdok et l’ont emmené vers un lieu non identifié», ajoute le ministère dans un communiqué.

Coup d’Etat manqué

Les tensions entre les deux parties existent depuis longtemps, mais les divisions se sont exacerbées après le coup d’Etat manqué du 21 septembre. La semaine dernière, des dizaines de milliers de Soudanais ont défilé dans plusieurs villes pour soutenir le transfert complet du pouvoir aux civils et pour contrer un sit-in rival de plusieurs jours devant le palais présidentiel dans la capitale Khartoum, qui exigeait un retour au «régime militaire».